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13 septembre 2017 3 13 /09 /septembre /2017 18:49
Roma fight --- des féministes Romni queer et décoloniales : les lucioles
Roma fight --- des féministes Romni queer et décoloniales : les lucioles

 Nous sommes ensemble à regarder le ciel et à discuter de la terre, de comment changer les situations, l'injustice... lesbiennes, queers, femmes et personnes transgenres, dissidentes, Rroms de différents pays, écrivons ce texte pour mettre en lumière ce qui commence ailleurs que dans l'écriture, pour dire nos luttes vivantes et spécifiques, tout en les reliant à tous nos combats, « identités », engagements,


 

  • contre l'imbrication profonde de plusieurs rapports de domination, nous avons en commun la nécessité de changements politiques, culturels et sociaux, radicaux et profonds ; pour affirmer notre refus de tout ce qui tend à nous catégoriser, et pour faire entendre la singularisation de nos voix et nos positions communes. Notre libération e st aussi la résistance au capitalisme, aux guerres, à la militarisation, à la violence, à la police des pouvoirs, aux enfermements, aux expulsions et exils, aux exploitations par e travail, les trafics de corps, résistances à l'homo-trans-lesbophobies, au sexisme, aux patriarcats, aux colonialisme, aux dogmes liberticides ! Notre libération veut dire protection de nous-mêmes des nôtres, des enfants, de l'environnement et pour le partage des richesses !

  • pour mettre en évidence à la fois indépendance et liens avec nos allié-es : Rrom, personnes de genre et d'érotismes dissidents, féministes anti-racistes et décoloniales, avec tous les autres opprimé.es en lutte, nous sommes à l'écoute et solidaires de toutes les minorités dans le monde et le temps, combattant comme nous sur de multiples fronts, toujours au présent

 

En effet l'intersectionalité et mise en relations, en actions concrètes des différentes luttes où nous sommes vivantes, n'est en rien pour nous un luxe ou un simple point de vue intellectuel – c'est aussi bien l'incarnation de pensées au service de nos causes, que la mise en pensée des nœuds d'oppression, pour nous en libérer, et ce, d'une façon vitale pour chacune de nous et pour toutes. C'est notre point de vue qui ne prétend pas être celui de toutes les concerné.es.

Si nous sommes discriminé-es comme femmes, comme peuple et peuples Rrom, comme personnes de modes de vie non-binaires, d'amoures dissidentes », comme êtres humains subissant la précarité, l'exclusion de classe et de place sociale, nous avons une conscience aiguë d'être porteuses de forces créatives, de différentes formes créatives de combats pour la libérations contre les dominations et aliénations, extérieures et intérieures.

Transnationales, avec une langue commune, centrale, le Romani, et des langues nombreuses, partout où nous vivons, habitons, voyageons – dans nos différents pays, métiers, dans nos familles, nos amours, nos arts, dans les collectifs où nous agissons, nous nous battons avec détermination contre ces discriminations et injustices et, avant nous, bien d'autres femmes, rroms, souvent méconnues mais néanmoins actives, subversives et précieuses, nous ont ouvert des voies, leurs voix généreuses, exigeantes.

Nous sommes des Rromnis, des racisé.es, et pas «  plus modernes, plus présentables, ou plus honteuses, moins sauvages » que nos soeurs, notre genre/sexualité « non-conforme » ne nous a pas fait trahir nos peuples, races, parcours pour une « intégration » à un monde d'inégalités. Nous ne sommes pas les exceptions qui confirment les préjugés et les stéréotypes des oppresseurs. Nous ne sommes ni fétiches, ni ornements, masquant les relations de pouvoir qui renvoient nos êtres, nos amoures, nos corps et nos luttes dans la marge et l'inexistence.

 

Les différents états – à commencer par ceux d'Europe - ont tous – agi contre nos peuples Rroms et se sont construits sur un passé qui ne passe pas : exclusions féodales, esclavage pendant des siècles, fascismes, extermination sous le nazisme (et collaborateurs) - romaphobie structurelle persistante - violences policières - institutionnalité des expulsions et des violences policières, des inégalités, légitimité de stérilisations forcées, d'avortements interdits, de viols - surplomb du patriarcat européen et communautaire... L'invisibilisation par les pouvoirs des luttes Rroms, des luttes de femmes Rroms, des luttes des Rroms d'amoures et de genres dissidents n'est pas un hasard, il s'agit de les cacher car elles sont dangereuses en effet pour ces dominations - luttes pourtant permanentes, poétiques, courageuses. Le racisme colonial exercé à « l'extérieur » par les états d'Europe s'est aussi déchaîné à « l'intérieur », contre plusieurs populations ciblées, mises à mort, et cela se poursuit, contre migrant.es, pauvres, racisé.es, étranger.es ou assimilé.es, personnes malades, handicapées, fragiles... Le néocolonialisme impose sa loi et son marché de l'humain, promeut la destruction de la vie, se déchaine en d'incessantes prédations « libérales ». Il continue d'être désastreux contre les nôtres. De fait nous sommes souvent mis.es hors droits, boucs émissaires - mais nous nous plaçons aussi hors d'atteinte, différent.e.s, réfractaires, à cette violence qui prétend intégrer, couper, désintégrer, assimiler, diviser, classifier et exclure pour mieux exploiter, dominer, tuer, violer. Nous affirmons que d'autres organisations de vie - radicalement différentes du capitalisme hétéronormé - plus égalitaires ( !!!) et plus libres, ont toujours existé, que nous en portons collectivement transmissions, développement et gestations, novations.

Les féministes Rroms, résistantes contre toutes les oppressions, ont toujours existé et mené un combat puissant contre la dépendance et l'enfermement, contre le sentiment d'infériorité, contre l'empêchement à la culture, imposés par l'oppression raciste, sexiste et de classe. Comme femmes, lesbiennes, transgenres, queers, Rroms, nous sommes délibérément dans la transversalité et nos ancrages, comme nos voyages, nos exils, nos intérêts, nous amènent à une réflexion transnationale et internationaliste.

Les questions de santé, d'éducation, de formation, sont centrales, les institutions hétérocapitalistes dominent et nous ferment trop souvent les accès à l'expression, à la connaissance tout en pillant nos cultures. Le folklorisme prétend nous assigner à une seule représentation, paternaliste, la « féminité » serait traditionnelle ou moderne, mais toujours figée, mutilante, nos autres modes d'être sont méprisés. Ce système entrave une visibilité de nos richesses, et veut nous réduire à une image, à rien. Dans sa dimension patriarcale il prétend que le seul mode de vie que des Rromni pourraient suivre serait la famille hétéro-normée avec assignation des tâches, rôles etc, et peu d'accès au travail – à nos créations – aux transmissions de soins, d'études... C'est la précarisation, la xénophobie, le mépris de nos nombreuses compétences et notre mise à l'écart qui contribuent à l'enfermement, nous laissant l'urgence à gérer, nous volant le temps de maturation-éducation nécessaire comme à tout être humain. Notre diversité dans sa richesse lutte pour notre auto-émancipation ainsi que pour l'émancipation des femmes, de nos peuples, de nos amours, nous devons reconquérir notre droit à la parole et surtout celui de nous faire entendre.

 

D’emblée nous nous positionnons dans une lecture active, intersectionnelle des rapports sociaux de race, d'origines, de classe, de sexualité et de genre, de religion ou d'appartenance philosophique, de famille et d'amitiés, cela nous réjouit, remporte des victoires... rencontre bien des difficultés dès lors qu'il s'agit de changements profonds et durables, de changement de rapport de forces, de sociétés. D'autres féministes, queer, antiracistes, en particulier des afrodescendantes, nous ont ouvert des voix - nous les entendons pour nos combats singuliers et communs -

La tendance, même entre militant-es et allié.es, à reconduire la hiérarchisation des priorités, des luttes, persiste et tend à atténuer, effacer, édulcorer nos voix et à laisser en place la pseudo «naturalité» sexiste de l’hétérosexualité et du binaire, venue des patriarcats racialistes. Le risque de récupération, institutionnelle comme communautaire est important et nous sommes fatiguées des définitions énoncées par d'autres. Comme beaucoup de femmes Rroms nous sommes cultivées, créatives, fortes. Comme d'autres lesbiennes, queers et transgenres nous assumons pleinement nos vies, les choix, affinités, érotismes et cultures non-binaires qui sont les nôtres – même si, pour ne pas rompre certains liens sociaux et familiaux, pour ne pas être exposées à des violences masculines, groupales, le coming out n'est pas toujours le moyen par lequel nous nous déterminons – même si, le désespoir n'est jamais loin. Nos liens familiaux sont complexes et s'il ne sont pas le seul centre de nos vies, ils en sont un, majeur - malgré de fréquentes ruptures partielles liées au refus de celles que nous sommes. Nous sommes conscientes que beaucoup d'autres femmes restent (en partie) assignées à un mode de vie hétéro figé, parfois violent, du fait des fractures faites par l'histoire dominante à nos familles. Beaucoup sont tenues en otage, pour réparer sans cesse les conséquences des exactions institutionnelles romaphobes et pour maintenir des conditions de vie, voire de survie pour les leurs, pour leurs enfants. Nous n'agissons pas contre les nôtres, mais avec, au milieu, à côté d'elles et d'eux – contre toutes constructions opprimantes et hiérarchies aliénantes, dehors, dedans.

Nous savons aussi que l'apparence est trompeuse - le manque d'attention, la surdité, l'ignorance où sont plongés les gens – par le culte de l'argent, les mensonges médiatiques, l'intoxication idéologique imposée par des états et des multinationales armés, la terreur, la criminalisation de l'étranger.e - produisent acouphènes et angle mort à l'endroit de nos vies et de nos voix, des voix de rébellion et de liberté des femmes, lesbiennes et personnes trans, Rroms. Nos voix ne parlent pas dans les mêmes micros. Elles sont tout simplement occultées, et dites inexistantes parce que non-entendues, alors qu'elles sont résistance, actions quotidiennes et forces extraordinaires contre la déshumanisation.

C'est dans notre conscience de ces forces populaires, d'être de plusieurs centres, d'énergies, de plusieurs lieux, de plusieurs cercles et cultures, d'être différentes et singulières, que nous puisons les connaissances et les multiples aspects du combat. Ces forces profondes, érotiques et subversives, populaires nous relient afin que les oppressions multiples cessent de nous couper en morceaux. Nous inventons avec d'autres un autre monde, le combat est permanent, sans répit contre la volonté absurde des dominations patriarcalocapitaloracistedominantsexistes : chosification de l'humain, de tout vivant, de la terre, pour un profit stupide et génocidaire.

Il n'y a pas une seule façon de procéder pour vivre de façon simultanée et non hiérarchisée nos luttes, nos vies, nos amitiés et nos amours politiques. Le besoin d’échanger, de nous rencontrer et de fédérer se fait puissant, nous exprimer sur nos questions de femmes Rroms, lesbiennes et trans, féministes, de tous nos pays, parfois de plusieurs origines et peuples, permet de faire et de contribuer à des alliances intracommunautaires et extracommunautaires, fécondes, heureuses et lucides, la mise en invisibilité de la dimension politique de nos vies doit cesser.

Le monde a davantage besoin de nous qu'il ne le sait. Nous et nos ami.es le savons.

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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 21:54
même si j'étouffe à la dire je deviens la guerre civile sus lenguas arrugadas como hojas bajo mis pasos

Le ciel de la terre

même si j'étouffe à la dire je deviens la guerre civile 

Como detrás de un cristal de hormigon,

el sol en circulos de amor,

mujeres judías y gitanas de mis familias me llaman futuro pasado presente – mi alba, mi alma, mi duende7

 

même si j'étouffe à le dire

le temps se précipite

sous mes mains mes pieds mon ventre

palpite habite pépite

le passé transpercé, le sens fracturé

le futur sursaute mon cœur bat la mémoire de l'histoire au présent

 

je deviens la guerre civile

chaque être, peuple, femme, enfant, me convoque

mais vient cette danse :

phuvi!e – isi akate – isi odothe

phuvi!e poetesa amara

ka tute mere sune kerdile1

 

aussi je visite les concrètes contrées immatérielles où je suis née

je trajectoire l'historique légué

mes passions mes trajets dégustés encaissés expérimentés redessinés réécris viennent à la rencontre enfin radicale des racines déracinées envolées dépossédées revenues blessées connues reçues aimées comprises enfin se pense se dit se comblent se dépassent

les gouffres de l'arrachement – la douleur persiste - la liberté signe -

se transforment en terre sauve

en ciel ouvert

en actes

silences

itinéraires des mots 

ami.es intimes aussi des marges caressez-moi du beau, du fond, du cœur je viens d'arriver au ciel de la terre douceur

être parmi nous multiples et singulières, émotions, compassion, contestation, attention,

les forces érotiques venues de plusieurs centres

de mon être et d'ailleurs

tourbillonnent

le vent l'océan volcans,

la passion reçue

déçue

 

combien d'étrangères sommes-nous mon amour, nous sommes les plus nombreuses, d'ici, d'ici dans, dedans, dissidentes

combien d'amies

 

je ne comprends toujours pas vieille ce qui me paraissait insensé petite

pourquoi l'idiotie dominante domine t-elle ce qu'elle ignore

 

comme derrière une vitre de béton

lumières en cercles ouverts d'amour

depuis la nuit des temps

Juives et Gitanes et autres

de mes familles vous m'appelez

me tirez me criez m'apprenez

l'histoire silenciée

les fuites nécessaire

faire face

en tournant le dos ou pas

fierté des actes

 

futur passé présent

au-delà des coupures de mémoire

du mensonge et des dénis

et jusque dans nos blessures béantes

ancêtres et géantes vous m'aimez

un geste

tendre, précis,violent, fort -

anonymes héroïnes héros d'une cité

c'est la rue qui fait la pensée

écrite ensuite mise en tribunes malgré les haines monolytiques sur-policées

 

je regarde ma fille

je l'entends inventer et comprendre sources d'espoir

je les entends elles aussi mes géantes lui dire

leurs mots hâtifs glissés nos langues froissées

comme des feuilles sous nos pas

les sabots, les chevaux, les taconeos, talones baile, les frappes au sol la nuit

sauver sa vie sauver l'amour et l'autre jusque dans les gouffres de l'histoire

 

fuir - faire face – parfois les deux ensemble visages et pieds vois-tu

 

les dominants ne sont rien c'est leur seul pouvoir

 

j'entends le monde crier contre mon corps

chut tais-toi

chut je n'en puis plus

crie plus fort je t'en prie car je ne te connais pas encore

 

opre Romni opre phrena opre kamavdi

amen sian akete2

 

la coupure venue de près venue de loin

que dire aux enfants aux nôtres à soi privés des leurs

par les guerres par les leurs par le béton et les armes des oppressionsracialosprofitidiotieegogocapitalocentrépatriarcatirresponsables

 

blessures laissées ouvertes mais cachées

mareba, sitoj, tharipe 3

 

faut-il pour autant casser rayer leurs voix déracinées exilées envolées transplantées

les priver une fois encore, de peuples, des liens de vie ?

le rythme incarne nos récits 

en danses et en combats - s'évader - résister

partager

 

yo me enamoure de noche

enamori del lunar d'una mujer4

 

le silence survit à l'absence

j'entends les cris de leurs corps

entendre sous les clowns nos résistances

j'entends nos voix d'inconnues d'étrangères d'ici-dentes sorties enfin de nulle part

les langues défroissées sous nos mots se souviennent

et la dignité de nos filles persiste, insiste

le futur sursaute mon cœur bat la mémoire de l'histoire au présent

 

je viens d'un pays qui n'existe plus ou pas encore

derrière les murs des colères

se rêvent - se révèlent

la fécondité des mondes

l''enfance joue sérieusement - combat et danse

 

Zaynen dayne oyen shener

mir zaynen do !

Dos hot a folk undzer mut

mir zaynen do !5

 

je me suis trompée parfois

je suis revenue me voici

je suis debout même couchée

allons debout

 

j'irais caresser le monde

celui qui multiple et singulière

trans femme amie toujours debout même couchée

 

chut écoute

j'entends le monde crier contre mon corps

 

Zog maran du, khaver bruder6

 

 

Como detrás de un cristal de hormigon,

el sol en circulos de amor,

mujeres judías y gitanas de mis familias me llaman futuro pasado presente – mi alba, mi alma, mi duende7

 

 

comme derrière une vitre de béton

le soleil en cercles ouverts d'amour

résistantes juives et gitanes qui m'appelez

contre l'anéantissement

futur passé présent ici et ailleurs ici

 

j'entends vivre et espérer ma fille

flambloyante

rire et être en plusieurs langues

je la vois aimer

et dansent les galops des chevaux les tacaneos, talones têtus qui frappent le sol et poings levés

 

in der heyl in tife shpaltn

vel ikh kempn mit gezangen8

 

des mots hâtifs murmurés leurs langues froissées

sous l'histoire, langues bouclées de mots

sauver sa vie sauver l'amour

Cuando miro a mi hija, las oigo a ellas, galopes de caballos y taconeos, taconeos, talones baile, que golpe el suelo, sus palabras veloces susurradas9

 

mir zaynen do ! Amen sian akete !10

 

n'oublie pas de rompre les traitrises

n'oublie pas d'être

l'amour est là

l'insurrection est quotidienne et se partage

répare l'irréparable

un peu

 

caresser le monde

toujours debout même couché.es

j'irais crier contre ton corps boule de fuego révolution

j'irais danser contre temps 

 

sus lenguas arrugadas como hojas bajo mis pasos, salvar su vida, salvar su amor

Iré a acariciar al mundo, ese que se parece a una mujer, multiple y singular, de pie incluso cuando acostada11

 

 

mir zaynen do ! Amen sian akete !12

 

Inès de Luna

 

1( rromani terre ici et là-bas - terre poétesse de chez nous - en toi mes rêves ont pris corps – inspiré d'un chant Rrom)

2( rromani debout femmes rroms - debout sœurs et amoureuses - nous sommes là)

3( rromani guerre peur brûlure)

4( judéo espagnol je me suis éprise de nuit - de la lune - d'une femme – chanson apprise par Jacinta)

5( yiddish tes yeux sont encore plus beaux - nous sommes là - c'est un peuple et notre courage - nous sommes là – inspiré du chant de résistance Juif)

6( yiddish Toi maranne dis moi - mon ami, mon frère)

7( espagnol comme derrière une vitre de béton - le soleil en cercles ouverts d'amour - des femmes juives et gitanes de mes familles m'appellent - futur passé présent – mon aube, mon âme, mon duende esprit du flamenco )

8(yiddish (même) dans de profondes fissures - je combattrai en chantant inspiré chant yiddish)

9(espagnol quand je regarde ma fille je les entends elles - et les galops des chevaux – le martèlement des pieds flamenco - les talons de la danse - qui frappent le sol - leurs mots hâtifs murmurés )

 

10( nous sommes là - yiddish et rromani)

11(espagnol leurs langues froissées comme des feuilles sous mes pas- sauver sa vie sauver l'amour- J'irais caresser le monde - celui qui ressemble à une femme multiple et singulière - toujours debout même couchée - merci à Maguy Borras pour la traduction en espagnol)

12( nous sommes là yiddish et rromani)

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1 septembre 2017 5 01 /09 /septembre /2017 14:53
feminist queers Rroma Fight  - en anglais

We are together, looking for the sky, looking to the earth, and what action will change this world, the injustice.... lesbians, queers, trans women, trans people, dissidents, Romani women from different countries — write this text to bring to light what emerges in places other than writing; to communicate our ongoing and specific life struggles, while at the same time relating them to all of our fights, ‘identities’, engagements

–  against the profound interlocking of several dominant relations, we have in common a sense that radical and profound political, cultural and social change is needed; to assert our refusal of everything that tends to categorise us, and to make heard the singularity of our voices and common positions. Our liberation also encapsulates resistance to capitalism, wars, militarisation, violence, the rules of power, imprisonment, expulsions and expatriations, labour exploitation, trafficking in bodies; resistance to homo/trans/lesbophobia, sexism, patriarchy, colonialism, and to dogmas destroying freedom! Our liberation means the protection of ourselves, of those who are ours, of children, the environment, and in favour of sharing wealth!

–  to simultaneously highlight the notion of independence and links with our Romani allies, with people of dissenting genders and desires, with anti-racist and decolonial feminists, with others who are oppressed in their struggle, we are receptive to and express our solidarity with all the minorities in the world and across time, who fight, just like us, on multiple fronts, always in the present.

Indeed, intersectionality and the specific interlinking and activation of different sites of struggle, in which we find ourselves living, is no luxury nor a simple intellectual viewpoint for us — it also embodies the notion of putting our ideas in the service of our causes, as well as conceptualising the various intersections of oppression in order to free ourselves from them in a manner that is critical for each and every one of us. This is our point of view which does not pretend to be that of everyone concerned.
While we are discriminated against as women, as people and as Romani people, as people who live non-binary lives and have dissident sexualities and desires, as human beings sustaining precariousness, exclusion on the basis of class and social status, we have an acute awareness of being the bearers of creative forces, of different creative forms of fighting for freedom from domination, alienation and estrangement, which are both exterior and interior.

We are transnational, possessing one central language that we have in common, Romani, and numerous other languages, amidst which we live, reside and move — in our different countries, jobs, in our families, our loves, our arts, in collectives in which we are active, we combat discrimination and injustice with determination; and before us, many other women, Romani women, often disregarded and unrecognised, nonetheless active, subversive and precious, have opened the way for us with their generous, strenuous and sophisticated voices.

We are Romani women, those who have been raced/racialised, not ‘more modern, more presentable, or more shameful, less savage’ than our sisters - our ‘non-conformist’ gender and sexuality has not made us betray our people, races; it is not a pathway to an ‘integration’ into the world of inequalities. We are not exceptions that prove the prejudice and stereotypes of the oppressors. We are not either a fetish or ornaments, masking those power relations that send our beings, our loves, our bodies and our struggle into fringes of society and non-existence.
Different states — starting with those in Europe — have all acted against our Romani people, constructing them based on a notion of the past that never comes to pass: feudal exclusions and slavery over the past centuries, fascisms, extermination under the Nazi regime (and by collaborating slates) — persisting structural Romaphobia — police violence — institutionalisation of expulsions and police violence, of inequalities, the legitimacy of forced sterilisations, illegal abortions, rape — the legacy of European and Community patriarchy... Invisibilisation based on power relations lying at the root of the struggles of Roma, those of Romani women and Roma of dissenting desires and genders does not happen by coincidence; it is about hiding them because they are in fact dangerous for those very power relations — struggles that are, nonetheless, permanent, poetic, and courageous. Perpetrated and exercised ‘externally’ by European states, colonial racism has been unleashed ‘internally’ as well, targeting several populations by means of killing. This goes on in relation to migrants, the poor and raced/racialised, foreigners or those assimilated, the ill, handicapped, vulnerable... Neocolonialism imposes its rule of law and market in humanity, promoting destruction of life and unleashing relentless ‘liberal’ predations. It continues to be disastrous against everything that is ours. We are de facto often deprived of our rights as scapegoats — but we also situate ourselves as elusive, different, obstinate and resistant to this violence that claims to integrate, cut, disintegrate, assimilate, divide, classify and exclude in order to better exploit, dominate, kill, rape and violate. 

We maintain that alternative and different practices of organizing life - outside of heteronormative capitalism - are more egalitarian and freer and have always existed; collectively, we facilitate their transmission and development, as well of the advent of new forms. 

Resistant to all forms of oppression, Romani feminists have always existed and waged a fight against dependence and incarceration, against the feeling of inferiority, against the notion of being a hindrance to culture, imposed on us by racist, sexist and class oppression. As women, lesbians, trans people, queers, Roma, we are deliberately situated within this transversality; just like our travels, expatriations, interests, our ‘anchorages’ lead us to engaging in a transnational and internationalist reflection.

The questions of health, education, background are key; heterocapitalist institutions dominate and often preclude us from accessing expression, knowledge while, at the same time, plundering our cultures. Folklorism claims to assign to us a single, paternalist representation, according to which ‘femininity’ is traditional or moderne, but always fixed, mutilating; other modes of our existence are despised. The system impedes the visibility of our many richnesses and wants to reduce us to an image, to nothing. In its patriarchal dimension, it asserts that the only way of living that Roma can follow is the heteronormative family with the attendant distribution of tasks, roles etc, and little access to work — to what we have created — in terms of transfer of care, studies... It is the threats, instability, xenophobia, contempt for the numerous competences that we have, and us being sidelined that contribute to imprisonment, leaving us only the urgent need to cope, stealing from us the time necessary for development, maturing and education that every human being needs. Our diversity in its richness fights for our auto-emancipation, as well as for the emancipation of women, of our people, our loves so that we can reclaim our right to the spoken word and, above all, our right to be heard.

From the outset, we have positioned ourselves in an active, intersectional reading of social relations with respect to race, origin, class, sexuality and gender, religion or philosophical allegiances, family and friendships; this brings us joy, as well as some victories… yet, it is a source of many difficulties for us as it concerns profound and long-lasting changes, changes in terms of power relations, of society. Other feminists, queer, anti-racist, especially afrodescendants, have opened voices - we hear them for our singular and common fights -

The tendency, even amongst activists and allies, to replicate the hierarchy of priorities and struggles persists and tends to mute, erase, water down our voices and to keep untouched the sexist pseudo ‘naturalness’ of heterosexuality and the notion of binary: the legacy of racialist patriarchies. The risk of institutional, as well as community recycling and reproduction of these forces is an important one; we are tired of seeing definitions being enunciated by others. Just like many Romani women, we are cultivated, creative and strong. Just like other lesbians, queers and trans people, we assume full responsibility for our lives, choices, affinities, eroticisms and non-binary cultures which are ours — even though ‘coming out’ is not alway the means through which we determine ourselves in order not to severe certain social and familial ties in order not to be exposed to masculine and group violence — even if despair is never too far. Our family ties are complex and even though they are not the only focus in our lives, they are nonetheless a major one — despite frequent partial ruptures linked to the refusal of who we are. We are aware that a fixed hetero way of living, at times violent, is still (partly) assigned to many other women as a result of fractures caused to our families by the dominant history. Many have been held hostage in order to incessantly repair the consequences of institutional romaphobic ill-treatment and to maintain living conditions and survival of their own, of their children. We do not act against our own people but always with, amidst and next to them — against all the oppressive constructions and alienating hierarchies existing both inside and outside.

We also know that appearance is misleading — lack of attention, deafness, ignorance into which people are submerged — by means of the cult of money, lies perpetuated by the media, by ideological intoxication imposed by states and armed multinational corporations, by terror, by the criminalisation of foreigners — produce noise distractions and blind spots in our individual lives and in our voices, voices of rebellion and freedom for Romani women, lesbians and trans people. Our voices do not speak in the same microphones. They are all simply made obscure, believed to be inexistant because they have not been heard, whereas they represent resistance, everyday actions and extraordinary strengths and forces working against dehumanisation.

It is in our awareness of these popular forces, of consisting of several centres, energies, of several places, of several circles and cultures, of being simultaneously different and singular, that we draw on our knowledge and multiple aspects of fight. These profound erotic, subversive and grassroots forces interconnect so that multiple oppressions cease to cut us into pieces. With others, we invent a different world, the struggle against the absurd will of patriarchal/capitalist/racist/dominant/sexist dominance is permanent, without respite: the commodification of human beings, of all living creatures, of the earth for an idiotic, genocidal profit.
There is no one way of proceeding in order to live our struggles, our lives, our friendships and our political desires and affections in a simultaneous and non-hierarchical manner. The need to exchange opinions, to meet each other and to unify manifests itself as potent; the need to express ourselves in relation to our matters concerning Romani women, lesbians and trans, feminists from all of our countries, and at times of several origins and people, allows us to make and contribute to intra- and extra-community alliances, which are fruitful, delightful and lucid. The invisibilisation of the political dimension of our lives needs to stop. The world needs us more than it realises. We and our friends know it.


 

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et résistances pour une école pour toutes et tous - 

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 10:05

des traces 

lectures

que nous emmenons

des débats 

des actions

des écoles

 

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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 19:30
des voix des mots des langues
des voix des mots des langues
des voix des mots des langues
des voix des mots des langues
des voix des mots des langues
des voix des mots des langues

un jeune auteur chanteur, rappeur, Spartacus, Rrom, lance  des paroles percutantes qui sont là au départ du film 

car il est aussi acteur - dans le sens sujet actif du très fort et passionnant documentaire - Spartacus & Cassandra, réalisé par Ioanis Nuguet et sorti en 2015. 

 

 

 

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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 16:28
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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 10:42

ces jours-ci

il y a des milliers de gens déplacés en car après des semaines  ou des mois à la rue

un certain nombre sera logé décemment mais sans qu'il y est eu accueil mais traumatisme de la rue, des traques policières

d'autres se retrouveront dans des hébergements impossibles, isolés de tout ou insalubres

d'autres seront privés même d'un hébergement dérisoire et seront déboutés des droits qu'il n'auront pas obtenus ( pas dans les cases, le tri humain continue )

les guerres continuent et la France n'est est pas étrangère, le néocolonialisme continue, les trafics des multinationales, d'armes, de gens, les expropriations des peuples continuent et la France n'y est pas étrangère

qui sème les armes récoltent des réfugié.e.s

la France accueille, lorsqu'elle le fait, lorsque des hébergements corrects sont finalement proposés, ce qui n'est pas si fréquent contrairement à ce que nous racontent en boucle les médias

Aubépine Dahan (CPSE) et de Houssam El Assimi (Chapelle Debout)  vont comparaitre le 9 novembre à 9h au TGI de Paris, pour répondre de l'accusation montée de toutes pièces de «manifestation illégale».
Soyons nombreu/x/ses devant le TGI de l'Île de la Cité Mercredi 9 novembre 2016 à 9h pour défendre la liberté de manifester !

 

Ce soir un conseil de quartier du centre Montreuil se propose de parler de la mendicité en centre ville !!! 

pas de l'injustice, de l'humiliation, du cynisme des pouvoirs publics locaux comme étatiques qui laissent des milliers de gens à la rue, plus de 400 personnes à la rue à Montreuil et ni gymnase ouvert, ni toilettes publiques dans la ville, ni rien -

Le racisme institutionnel s'infiltre et aliène une partie des habitants, fabrique une opinion publique tissée de clichés et de dénis

contre des familles Rroms expulsées, à la rue depuis plus de trois mois, et contre d'autres àl la rue depuis deux ans ....

on les prive de logement on leur reproche d'être visibles à la rue
on les prive d'hygiène minimum on leur reproche le manque d'hygiène
on les prive de boulot on leur reproche de mendier

on les prive de leurs droits et on les accuse de vouloir profiter de la caf alors que la plupart n'ont pas encore la Cmu - alors la caf laisse tomber !!!

stooop aux clichés racistes et à leur action mortifère

on veut que l'inégalité cesse ou que les démuni.e.s disparaissent ????

Les gens déjà persécutés, privés de leurs droits, sont criminaliser dans leur survie !!! On laisse des centaines de gens sans conditions d'hygiène minimum, et on leur reproche d'être sales,

on prive du minimum de sécurité et de chez soi les mêmes personnes et on leur reproche le manque d'assiduité des enfants à l'école

on
ce soir à 20 h, salle franklin, le conseil de quartier du centre convoque un ordre du jour qui fait peur : la mendicité en centre ville ! 

qu'est-ce qu'on veut ?  que les gens à la rue disparaissent ou que l'injustice disparaisse ? allons salle franklin, à côté de l'église, à 20 h pour que cesse la criminalisation des plus pauvres, des étranger.e.s démuni.e.s

 

 

et le communiqué agenda du collectif du 8 juillet

La police nous a tiré dessus au flashball le soir du 8 juillet 2009 à Montreuil, alors que nous étions nombreux à manifester suite à l’expulsion de «La Clinique», un lieu d’organisation ouvert sur la ville. Parmi les six personnes blessées, cinq ont été touchées entre les épaules et la tête, précisément là où la police n’est pas autorisée à viser. L’un d’entre nous a perdu un oeil.
7 ans plus tard,
les trois policiers tireurs vont finalement être jugés au Tribunal de Bobigny
du 21 au 25 novembre prochain.

Ce procès sera l'occasion de raconter nos histoires,
de combattre le déni des institutions
et de mettre en lumière la fonction de la police et de ses armes

SOYONS NOMBREUX ET MULTIPLIONS LES INITIATIVES AUTOUR DE CE PROCÈS
Jeudi 10 novembre
Réunion publique autour des enjeux du procès

18h30 - salle Franklin
60 rue Franklin à Montreuil
(m° Mairie de Montreuil - L9)
Mardi 15 novembre
Montreuil, 2007-2009 :
Partir de nos histoires pour raconter sur qui a tiré la police le 8 juillet 2009

19h30 - Rémouleur
106 rue Victor Hugo à Bagnolet
(m° Robespierre - L9)
Vendredi 18 novembre
Présentation du livre de Pierre Douillard :
L'arme à l'oeil

18h - Café librairie Michèle Firk
9 rue François Debergue à Montreuil
(m° Croix de Chavaux)

Le procès aura lieu du 21 au 25 novembre au TGI de Bobigny
173 avenue Paul Vaillant Couturier
(m° Bobigny - Pablo Picasso - L5)

 

Le procès débutera tous les jours à 9h, sauf le mardi où il commencera à 13h30.

S’il est important d’être nombreux tous les jours de ce procès (ne nous laissez pas seuls avec la police et la justice !),

nous vous invitons à concentrer nos forces le lundi 21 à l’ouverture du procès et le jeudi 24 pour accompagner les témoins.

Lundi 21 novembre

Appel à venir nombreux et à passer toute la journée pour l’ouverture du procès

8h30 – Prises de parole et distributions de tracts, matin, midi et soir.

Mercredi 23 novembre

Rassemblement à Montreuil

Thé chaud et prises de parole :

collectifs en lutte aujourd’hui à Montreuil et collectifs contre les violences policières.

18h30 -Croix de Chavaux,au début de la rue piétonne

(m° Croix de Chavaux - L9)

Jeudi 24 novembre

Appel à venir nombreux et à passer toute la journée au TGI de Bobigny pour la journée d’audition des témoins

8h30 –Prises de parole et distributions de tracts, matin, midi et soir.
Nos vécus, nos expériences, nos luttes ont fait de nous des experts. Des experts par expérience. C’est cette expertise sensible et située que nous voulons faire valoir à l’intérieur et à l’extérieur du tribunal. Le jeudi 24 novembre, celles et ceux qui ont eu à faire à la violence de la police viendront témoigner. Soyons nombreux pour les soutenir et les écouter.

 

nos causes sont nombreuses - soyons nombreu.ses - des rendez-vous
nos causes sont nombreuses - soyons nombreu.ses - des rendez-vous
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