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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 14:49

 

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                                            Combien y a t-il d'étrangerEs dans le monde, mon amour ? spectacle

 

 

Je fais le mur

En évadée

Et chemin liberté

 

Je fais l'amour

En liberté

Et chemins d'évadées

 

Je persiste et résiste

Chute

Esquive

 

Je fais silence derrière les murs

Où résonnent le chant

La présence aux absentes

 

Silence brûlant de nos colères

Silence tiède du sens en sang

Silence froid de vigilance

Pour la tendre confiance

Et l'ici de nos présences

 

Je fais silence

Désert subis

Jeûnes soudain de l'évidence

 

Forces exténuées je me cache pliée à genoux à terre

 

Contre mes faiblesses

Je lutte

En lutteuse de rue

Nue

 

Contre ces viols violences et leurs dénis

Nous luttons

Je lutte

 

Vêtue

Revenue

Survenue

 

Sans vertu

 

Autre que mon amour

De nous

De ma fille et de toutes les autres lutheuses

De rue

Du monde

 

 

linkvers article sur liban-un-camp-feministe-pour-geekettes-en-herbe

 

linkvers amispolitiques : Regarde à Vue deux films sur la lutte des habitans des Sorins à Montrreuil et articles....

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 14:18

 

mobilisation pour le logement social et l'hébergement d'urgence mercredi 6 juillet à 14h Place de l'Hôtel de Ville

 

défense de nos libertés et du droit au logement

 

ras-centre-hebergement 0474

 

 

 

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                             RASSEMBLEMENT

                         Mercredi 29 juin 18h30

                      66 Boulevard Richard Lenoir

                 Métro St Amboise – Richard Lenoir

action appelée par Le CNDF, la marche mondiale, la MDF de Paris, La CLF, le groupe Locs, lesbiennes bulldozer...et d'autres....

Le 30 juin, le Samu social, face au désengagement de l'Etat,

est contraint de fermer son seul centre d'hébergement d'urgence

parisien accueillant des femmes

 

"C'est plein, archi-plein toute l'année. La politique est de créer zéro place d'hébergement d'urgence, la priorité est donnée au logement d'abord. Mais dire que l'hébergement d'urgence n'a pas d'utilité, c'est une erreur", déplore  la direction du Samu social.

 

 

"Totalement engorgés, les rares centres des autres associations ne pourront en aucune manière compenser" cette fermeture, estime Julia Peker, qui dénonce "une discrimination envers une population, les femmes, tout particulièrement vulnérable, négligée depuis des années et aujourd’hui totalement abandonnée".

 

Le centre d'hébergement d'urgence Yves Garrel ouvre ses portes le soir à 19H00 aux sans-abris, et les referme le lendemain à 11H00. Entre-temps, les personnes accueillies peuvent s'entretenir avec des travailleurs sociaux, médecins, psychologues, alcoologues, etc.

 


extrait d'un article de A dire d’elles = http://sandrine70.wordpress.com/2011/06/29/femmes-a-la-rue/

Organisé dans l’urgence par des groupes de féministes et lesbiennes, le rassemblement contre la fermeture du seul centre d’hébergement d’urgence de la région parisienne qui accueillait des femmes (et aussi des hommes mais un autre centre, à Montrouge, en accueille) a connu une belle mobilisation. Du coup s’est créé un comité de soutien, qui se rendra demain à la mairie du 11ème pour demander à pouvoir rencontrer les femmes qui ne seront pas relogées par le samu social à partir d’après-demain.

Un rassemblement animé, qui a même pris la rue vers la fin. Et la plus belle parole est venue d’une jeune femme, résidente d’un centre d’hébergement, qui, alors qu’une travailleuse sociale disait « ce n’est pas que les femmes, mais tout l’hébergement d’urgence qui a des problèmes ». Elle a dit : « oui, mais pourquoi les hommes, on les a relogés, et pas les femmes ? ». Oui, au fait, pourquoi ?

PHOTOGRAPHIES DU RASSEMBLEMENT : http://sandrine70.wordpress.com/2011/06/29/femmes-a-la-rue/

 

 

 


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et que vive la baraka !

 

"nous avons gagné encore deux mois contre l'expulsion !"

c'est le cri des amiEs et habitantEs de la Baraka, 163 rue des pyrennées, squat ouvert solidairement en novembre 2010 pour que l'exil ne soit pas synonyme de vie à la rue


soupir de soulagment, relatif, deux mois c'est peu...

la juge du tribunal d'instance de Paris 20 àme a tranché aisni : la décision en référé sera donnée le 12 Aout 2011

 

la plaidoirie des avocatEs de la défense des Rroms a porté sur les points

 

L'expulsion de la baraka poserait bien le problème de la chasse aux rroms, de la mise à la rue des femmes...

 

expulséEs de la rue à Montreuil

expulsées de partout

il n'y a pas d'autre lieu où aller

 

les avocatEs de la baraka ont travaillé à  :

 

- déclarer nulle l’assignation
- déclarer irrecevables les demandes du maire
- condamner le maire aux dépenses
en abordant le champ politique et la réalité :

discrimination et chasse aux Rroms, aggravée depuis un an en France
prévalance du droit à la vie privée, à un lieu pour vivre, à la famille.... contre le droit de la propriété privée (ici mairie de Paris)


Il n'y a pas de danger pour les personnes ni sur les locau car il y a respect des batiments en péril

Il n'y a pas de dates précises pour les projets de la mairie ( pas de dossier sur budget voté... pas de conseil d'administration précis, pas de plan d'architecte...) donc aucune urgence à l'expulsion
scolarisations, suivis de santé, formation demandant un lieu pérenne de vie

l'ex cartonnerie pourrait attester de larépétition dans cette attitude d'expulsion du maire de Paris : expulsés en 2008 du même lieu sous les mêmes prétextes : logements sociaux en construction toujours pas budgetés et palnifiés en 2011...


nous avons demandé que la Baraka soit ouverte à ses habitantEs jusqu'à date réélle travaux mairie,
avec propositions de relogement suivant voeux familles : terrain appartenant à la ville de Paris en banlieue, logements et immeubles sociaux.... les projets maisons des rroms, liens associatifs et ateliers comme points toniques et  droit au logement impératif.

 

Plusieurs familles RRoms viennent de régions inondées ces dernières années en Roumanie.

 

Pour tous/tes la situation de discrimination, d'absence de droits et de pratiques des droits : sur refus ou difficulté de scolarisation, inaccessibilité logement, pas de travail, sûreté des familles menacée, racisme d'état et de fait en Roumane a nécessité leur exil/venue en France

 

 

Pour tous/tes : "nous pouvons mieux vivre à la baraka " "nous sommes au calme grâce à notre collectif des familles"  Dana vit avec sa fille Larissa 8 ans à l'école, depuis 1 an en France ( avec allers-retours)


Pamela 20 ans, enceinte vit avec sa mère et sa tante elle craignait ici de se présenter à l'hopital compte tenu "des expériences de refus en Roumanie , "l'aide médicale n'existe pas" et même sans refus l'inaccessibilité interdit des suivis

"nos maisons n'ont ni eau ni gaz ni électricité le plus souvent"... et "peu d'hopitaux" surtout à la campagne évidement


"ici il y a une chance : l'école, les opérations..."

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reviennent pour tous/tes "la possibilité en France d'accéder à certains droits sociaux"... malgré les mois à la rue ou de squat précaire à précaire ( nous avons noté qu'aucunE ne se plaignait de la rudesse évidente des conditions de vie actuelles et passées... )

 

Une participation à l'occupation de la Baraka est évoquée une nouvelle fois par le collectif rroms, et amiEs politique de ce lieu : bail précaire peu cher - facture d'eau et électricité à leur nom et à payer par les habitantEs est proposé parmi d'autres idées ..


Dès le départ, la Baraka a été conçue comme un lieu d'habitation en même temps qu'un local associatif, qu'un lieu culturel et de rencontres.  Des ateliers échanges de savoir y ont lieu....

 

Si l'occupation de ce lieu s'est faite solidairement, "c'est" le rappelle un mail du collectif contre la xénophobie "parce qu'elle répond non seulement au besoin de logement de personnes démunies, mais plus encore à la nécessité vitale d'un abri dans le contexte de la chasse aux roms promue par le Président de la République et mise en œuvre par le ministère de l'intérieur depuis bientôt un an. Si celle-ci s'inscrit dans la continuité d'une politique de ségrégation à l'égard des roms depuis fort longtemps – et constante depuis au moins un siècle en France –, elle a prit une tonalité et une intensité particulière avec sa mise en avant comme projet politique par l'actuel gouvernement. Concrètement, pour ce qui concerne le groupe de roms habitants de la Baraka, cette politique s'est manifestée par une persécution soutenue dans les rues de Montreuil, avec l'instruction donnée aux forces de l'ordre qu'ils ne s'arrêtent "ni dans un square, ni sur un trottoir", atteignant cette extrême particulier qui a pu être qualifié de "chasse sans fin". Rappelons qu'en même temps le Préfet Lambert donnait comme instruction à ses hommes : "Pas un rom en Seine St Denis". 

 



 

Il y a lieu de rappeler que la Mairie de Paris, qui demande au Tribunal cette expulsion, a au contraire prononcé un moratoire sur toute expulsion de roms, et que cette procédure semble bien en contradiction avec le dit moratoire.


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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 14:15

Ce blog est ouvert à toutes les infos permettant de rendre visible l'intolérable et de le combattre en rendant compte des luttes contre la violence, celle qui frappe, tue, viole, exclut chaque jour, en chaque point du monde les femmes et tous les dominés de la terre.

 

 

dimanche 11 septembre 2011

D

"Féministes, tant qu'il le faudra ! Quand une femme dit 'non', c'est 'non' nous ne nous tairons pas" !

 

RDC : Grande marche Paris-Bruxelles contre les viols au Congo

 

14 jours de marche pour 14 années de silence. Chaque jour 1152 femmes sont violées en République démocratique du Congo (RDC) dans l'indifférence générale. Pour dénoncer ce féminicide oublié des médias, une grande marche de Paris à Bruxelles tentera de sensibiliser l'opinion publique au drame des femmes congolaises. Départ de Paris, le 30 juin 2011.

 

link

 

 

PARTOUT, LES MARCHES DES « SALOPES » CONTRE LE VIOL

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NEWS NEWS NEWS Ce premier octobre, après 70 villes autour du monde, un collectif de féministes de New York va organiser sa première Slutwalk, ou "marche des salopes". C'est-à-dire ?  Pourquoi toutes ces marches de femmes décolletées, en minijupe, partout, pour dénoncer le viol ? Enquête.

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Sonya Barnett ne s’attendait pas à ce que 3000 femmes rejoignent la « marche des salopes » - la « slutwalk » - dans les rues de Toronto, le 3 avril dernier. Puis que des milliers d’autres, tout l’été, défilent en minijupe, jeans déchiré, décolletées, à Londres, Melbourne, Denver, Sydney, Reykjavik mais aussi par centaines à Brasilia (« La Marcha das galderias »), New Delhi, Mexico, Séoul, Matagalpa (Guatemala, « La Marcha de las putas»), dans 70 villes autour du monde. Pourquoi toutes ces marches ? Sonya Barnett a été à l’origine de ce mouvement (que des manifestantes appelaient déjà, pendant la manifestation de Londres, 5000 personnes, « la quatrième vague féministe »). Directrice artistique à Toronto, elle se dit début février sur sa page Facebook, « dégoûtée » des propos d’un officier de police canadien, le constable Michel Sanguinetti. Au cours d’un atelier de réflexion sur la sécurité publique à l’université de Toronto, celui-ci a lancé aux responsables : « Une femme ne devrait pas s’habiller comme une salope si elle ne veut pas être victime d’abus sexuel ». Suite à son coup de colère, Sonya reçoit un post de son amie Heather Janis, très remontée elle aussi contre le policier. D’autres femmes s’en mêlent. Elles se disent qu’elles devraient réagir, mais comment ? Alors Sonya propose : « Nous pourrions faire… Quoi ?… une marche des salopes ou quelque chose comme ça. »  

 

 

Témoignage de trois Rwandaises, en justice contre des soldats français qui ont violé des femmes Tutsi,

en pleine opération Turquoise (juin-août 1994), officiellement censée protéger les populations menacées.

Ces trois femmes devaient être entendues cette semaine, aux côtés de leur avocate Me Laure Heinich-Luijer, par le juge d’instruction du Tribunal aux armées de Paris dans le cadre d’une plainte contre X pour "crimes contre l’humanité" et "participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime contre l’humanité". Une audition reportée à une date ultérieure.

 

C’est en avril 2011 que la décision d’instruire ces plaintes a été prise par le TAP, après un long cheminement judiciaire. Elles avaient été recueillies sept ans plus tôt, en 2004 au Rwanda, par un médecin français, Annie Faure, l’universitaire Assumpta Mugiraneza, et Vénuste Kayimahe, rescapé du génocide

 

  info france inter et article/lien     :     http://www.rue89.com/2011/06/28/genocide-rwandais-trois-tutsi-accusent-les-francais-de-viols-211240

 

 

Le blog de Luleki Sizwe, l'association sud-africaine qui mène la campagne appelant le gouvernement à stopper le "viol correctif" contre les lesbiennes !!! et soutenir les victimes :

 

http://lulekisizwe.wordpress.com

 

Afrique du Sud : les lesbiennes, victimes du "viol thérapeutique", Rapport de l'ONG ActionAid :

http://www.genreenaction.net/spip.php?article6994

 

Pétition lancée sur Change.org par des militantes de Luleki Sizwe :

http://humanrights.change.org/petitions/view/south_africa_declare_corrective_rape_a_hate-crime

 

Viols correctifs, reportages réalisées par des jeunes sud-africaines, Radio Canada :

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2010/07/08/011-afrique-sud-viols-lesbiennes.shtml

 

Homophobie en Afrique du Sud, Violer pour Corriger :

http://chroniquesdafrique.20minutes-blogs.fr/archive/2010/11/29/homophobie-en-afrique-du-sud-violer-pour-corriger.html

 

Des articles et des analyses  très intéressants :

 

A propos du consentement et des plaintes pour viols par Sandrine Goldschmidt

http://sandrine70.wordpress.com/2011/07/04/a-propos-du-consentement-et-des-plaintes-pour-viols-faq/

 

et

La nausée… Article de la Dre Muriel Salmona , le 4 juillet 2011

http://stopauxviolences.blogspot.com/2011/07/la-nausee-article-de-la-dre-muriel.html

"En entendant à nouveau un concert de propos sexistes et indécents… et la mise en cause de Nafissatou Diallo en France et aux Etats-Unis" l'auteur rappelle combien le déni des agresseurs et des systèmes de société enferment les victimes de viols et de violences dans un trauma et un choc redoublés. 

Dre Muriel Salmona, Psychiatre - Psychotraumatologue,  

Responsable de l'Antenne 92 de l'Institut de Victimologie

Présidente de l'Association Mémoire Traumatique et Victimologie


communiqué sur la difficulté de porter plainte

http://stopauxviolences.blogspot.com/2011/05/communique-de-lassociation-memoire.html

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 23:40
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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 22:21

 

 

linklien vers télédeboutleral

 

où vuos pourrez voir un film très intéressant propose d'entendre des paroles des organisatrices et participantes

LOCS, Lesbiennes of colors

Batucadykes

Lesbiennes Bulldozers

 

 

et d'autres

 

  DSC01784

 

 

vidéo : une amie politique lesbienne d'Ouganda témoigne et résiste

 

la minute de silence en hommages aux mortEs du sida

 

 

 

Lutter

 

lesbian-pride-revolution 0476

 

Ensemble

 

 

Contre les violences et les exclusions sexistes, racistes, classistes

DSC01744

 

Contre les systèmes d’oppression intriqués du capitalisme et de ses partenaires : patriarcat et inégalités, systèmes totalitaires, intégristes, dictatures, marchés d'armes et d’état, théocraties, marchés des banques et des trusts, des maffias,

 

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Contre l’exclusion des appauvriEs, des étrangèrEs, contre l'indifférence et le tri humain

 

 

 

 

Nous avons été et serons nombreuses pour crier:

 

OUI

 

à la solidarité entre les femmes et les lesbiennes du monde entier

à la liberté d'aimer, de vivre, de dire, de faire, de circuler....

 

IMGP7888

NON

 

aux oppressions-répressions-discriminations contre les femmes et les lesbiennes:

DSC01734

 

OUI

 

à la résistance face au contexte politique nauséabond

et dénonçons les discours antisémitisme, xénophobe, islamophobe et homonationaliste

IMGP7898

 

 

avec les Lesbiennes of colours, les batucadykes,

les lesbiennes Bulldozer, archives lesbiennes, coordination lesbiennes en France, Outsisters

prisesdepensées et d'autres...


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lien vers l'album de  fotos :  lesbian-pride-revolution  

 

devant l'Institut du Monde Arabe

puis rue des Ecouffes

nous avons dansé et aimé le son des batucadykes 

rythmé par nos colères

 

 


 

 


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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 21:22

Voir

 

Ce que disent les femmes Rroms de la Baraka et leurs amies

 

DSC01175

 

 

 

 


 

 

Assignation reportée au 30 juin 2011 (9h) au tribunal d'instance du 20° arrondissement, Mairie du 20°, métro Gambetta.

 

Les aides juridictionnelles des 50 personnes assignées par la Mairie de Paris ont été refusées par le bureau d'aide juridictionnelle sous des prétextes qui ne nous semblent pas correspondre à la réalité des dossiers mais plutôt à une pratique discriminatoire. Par ailleurs  les AME (aide médicale pour les étrangers) demandées par ces mêmes famillles et Médecins du Monde ont également été refusées pour la plupart. Encore un signe de la pénalisation des pauvres et des étrangers après la loi réformant l'accès aux soins médicaux.

 

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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 10:27

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quelques  liens vers des sites, associations sur l'histoire passée et présente des Rroms

 

http://www.net1901.org/association/ASSOCIATION-POUR-LA-MEMOIRE-DE-LINTERNEMENT-ET-DE-LA-DEPORTATION-TSIGANE-A.M.I.D.T,28458.html

 

http://la-voix-des-rroms.agence-presse.net/

 

 

http://www.paperblog.fr/3557282/discours-d-esmeralda-romanez-a-saliers/

 

http://rroms.blogspot.com/

 

 

http://www.nadara.org/romsnad3.htm#histoire

 

 

http://www.rroma-europa.eu/fr/sc_fr.html

 

 

  linkune réalisatrice katalyn Barsony

 

 

Le travail d"une historienne :

LES RROMS DANS LA CONSTRUCTION DE LA FRANCE

UNE HISTORIOGRAPHIE MANIPULATRICE


« Ne jamais réprimer quelque chose ou te taire à toi-même ce qui peut être pensé à l’encontre de tes pensées ! Fais-t’en la promesse solennelle ! C’est la première démarche intègre de la pensée. Chaque jour tu dois aussi mener combats contre toi-même. La victoire ou la conquête d’un bastion  ne te concernent plus, seule la vérité est ton affaire – mais la défaite aussi ne te concerne plus ! »  (F. Nietzsche.  Aurore, § 370)

 

« Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts » (Isaac Newton)



 

 Il y a plusieurs manières d’être à l’Histoire comme il y a plusieurs manières d’être à la vie.

Ces quelques pages d’histoire des Rroms en France n’ont pas d’autre prétention que de montrer qu’une autre écriture et donc une autre lecture de l’histoire rromani sont  possibles. Les Rroms sont souvent traités par les différentes historiographies nationales comme des éléments sans véritables liens avec l’histoire, la culture et le patrimoine des pays où ils se sont installés. Dans le meilleurs des cas, des sortes d’électrons libres bien mystérieux en somme, qui de par une culture présentée  comme imperméable à tout élément extérieur sont restés en dehors de tout, n’ont participé en rien, n’ont eu aucune influence sur le déroulement des différentes histoires nationales. Lorsque les Rroms et leur histoire devienne un sujet d’intérêt pour le spécialiste, ils ne sont représentés que comme des victimes ou, au mieux, des réceptacles de stéréotypes romantiques. Il n’en est pourtant rien. Et nous retrouvons tout au long de l’histoire de France, des Rroms acteurs de sa construction.

Comment un peuple, pouvant attester d’une présence de plus de cinq siècle sur le territoire français peut il passer entre les mailles de l’histoire ? Quelles sont les conséquences de cette mise sous silence ? Et quels seraient les effets d’une prise de conscience du rôle actif qu’ont joué les Rroms de France  dans son histoire ? Voilà quelques questions préliminaires auxquelles nous pourrons ensemble réfléchir.

Mais avant, il me faut, en guise de préliminaire, m’attarder sur un point brûlant de l’écriture scientifique sur le peuple rromani : le choix des mots. Il ne s’agit pas de n’importe quels mots, il s’agit de ceux qui désignent, ceux qui incarnent un peuple, qui donnent corps et cœur. Je ne rentrerai pas sur l’origine des multiples manières de nommer ce peuple, mais chacune d’elles que l’on n’en ait conscience ou non, porte en son sein un bagage politique ou idéologique. Les mots sont les outils du lien social par excellence. Rroms, Gitans, Bohémiens, Manouches, tsiganes, Calés, Sinté, « gens du voyage », « Voyageurs »…. C’est bien évidement, le monde des sciences qui aime tant à cataloguer, à classer, à délimiter dans des cadres rigides les êtres et les choses créant ainsi la schizophrénique difficulté de désigner les choses, pire encore de se désigner soi même.

En ce qui concerne mon intervention, je partirai donc de deux principes. Le premier sera ma condition de Gitane, le second, le respect du  ou des langages des époques que l’on abordera. Bien évidement, je sais que ces présupposés sont quelque part contradictoires (du point de vue de l’impartialité du regard  scientifique) mais c’est un choix conscient. En tant que Gitane, je n’ai aucune difficulté à me mouvoir entre différentes appellations. Et c’est une richesse en soi, une richesse immémoriale, une plasticité qu’il est bon de saisir. Je jongle sans que cela ne pose aucun problème au cours d’une même journée avec plusieurs mots qui chaque fois me désignent. Je suis Cali ou Gitane voir « Canastera », « la fille de… »  dans la sphère privée, familiale (Comme ont peut être Manouche, Sinto, Kalderash, Lovara, ect…). J’appartiens également à un tout plus complexe, fait de diversité.  Je suis Rromni dans la sphère publique et politique. Tout cela ne me pose pas de problème. C’est à la société majoritaire que cela semble en poser. Le Rromanipen, le sentiment d’appartenance à un même peuple, est basé en une reconnaissance unitaire riche de diversité, un « internationalisme rromani ». Voilà pourquoi il ne m’est pas difficile de sauter d’une appellation à une autre, d’entrer dans la sphère privée quand cela peut apporter des informations supplémentaires, d’en sortir pour utiliser des désignations chronologiquement plus correctes.

L’histoire comme narration, l’histoire « qui est à donner » est à la fois une manne et une malédiction. Dans le contexte qui nous intéresse, celui de l’historiographie rromani,  « manne » et « malédiction »,  ces deux mots à  connotation traditionnellement religieuse, se voient totalement désacralisés et ne gardent de leur sens spirituel que le caractère de toute puissance. La perpétuation d’un certain récit historique peut être donc le fer qui marque à vie la chair de tout un peuple ou la lumière qui en rehausse l’aura. L’histoire qui est transmise  est surtout le prisme qui orientera des générations durant le regard sur l’autre et qui finira par influencer la propre perception qu’à l’objet de soi-même.

Qui sont les Rroms de France ? Quelle est leur histoire ? Quels sont les lieux communs que véhicule l’historiographie sur un peuple présent et inscrit sur le territoire français depuis le XVème siècle ? De quelles manières les Rroms ont ils participé à la construction nationale de la France ?

Errance, circulation, endogamie, merveilleux, art, délinquance, peur, passion, interdit, curiosité, attirance, obsession, dégout, nature, dedans, dehors, danger…Hors le monde, hors la ville, hors les normes. Nous sommes constamment dans le balancement vers les extrêmes, dans la construction de mythes archétypaux, dans la reconnaissance de l’image primordiale, l’union du symbole et de l’émotion[1] .

L’historiographie rromani n’est autre que celle des peurs et des obsessions de la société majoritaire. C’est d’ailleurs le cas pour d’autres minorités stigmatisées comme le sont les Juifs mais dans le cas du peuple hébreu, les lieux communs qu’ils suscitent, touchent au cérébral, à l’intellectuel. Dans l’imaginaire collectif, le Juif provoque l’envie, la jalousie. L’image stéréotypée que l’on se fait de sa relation à l’argent, à la connaissance, au savoir et au pouvoir est en elle-même une force. Le Gitan est lui le réceptacle, le déversoir de l’animalité du regard de l’autre : il dégoute  ou il obsède.

Mais pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi. Si la perception du Rrom n’a pas été la même en Orient qu’en Occident, elle évolue également au fil du temps et en syntonie avec les politiques et les intérêts idéologiques. 

En ce qui concerne les sources utilisées pour tisser la narration historique que je propose ici, j’ai utilisé exclusivement et délibérément  des documents d’archives très largement connus, cités et commenté par les pères de l’historiographies rromani (François Vaux de Foletier, George Soulis, Bataillard) qui ont été, en grande partie,  le socle de la cristallisation du regard historique sur les Rroms, aujourd’hui encore.

Je ne fais donc pas ici œuvre de chercheur. Mon but étant de souligner comment l’œil de l’historien a souvent été faussé consciemment ou non  par une certaine intentionnalité, par un cadre stéréotypé, transmettant ainsi une vision délibérément partielle voir fausse de l’histoire des Rroms en France.

En  effet, le matériel historique était déjà là mais une autre dialectique narrative n’a pas voulu être exposée. D’une part la participation des Rroms français dans la construction de l’histoire nationale, de l’autre, l’élaboration de logiques transhistoriques de « mises hors le monde », de marginalisation comme réponses et conséquences de contingents politiques, voici les deux principaux axes de réflexion de mon intervention. Oui, la France est aussi gitane. [2]

 

 

 


 

II. Petit rappel : des origines aux Bohêmes de France

            Avant de vous parler de l’implication des Rroms dans l’histoire de France, avant de vous les mettre en lumière ne serait ce qu’un instant, il me faudra peut être vous rappeler d’où ils viennent et comment ils arrivent en France.

Nous savons à présent tant grâce à la linguistique qu’à l’histoire documentée notamment grâce au Kitab al Yamini du chroniqueur Al Utbi, que l’histoire rromani trouve son origine dans le nord de l’Inde, plus exactement à Kannauj et qu’elle est à mettre en relation avec les incursions de Mahmud de Ghazni dans cette région en 1018, la déportation de la population de cette ville dans le Khorasan et sa postérieure implication dans les guerres contre les seldjoukides. Le peuple Rrom ne sort donc pas en tant que tel d’Inde mais c’est à partir de là et à cette époque et ce, jusqu’au moment où il est documenté au-delà du Bosphore, que commence à s’homogénéiser et à se créer l’ethnicité rromani, originellement au travers une koïnè militaire multiculturelle. Cette homogénéisation se fait à partir d’éléments pluriels, caractéristiques de la réalité géopolitique du moment en Asie centrale. Socle indien bien évidement, mais également ghaznavide (perse), seldjoukide (turkmènes), arménien, byzantins, etc.…C’est le patrimoine premier d’un peuple Rrom jusqu’à son arrivé en Europe.

Ce patrimoine est également celui d’une histoire marquée par les conflits dans lesquels les Proto Rroms ont souvent été acteurs, depuis leur sortie de l’Inde jusqu’au jour d’aujourd’hui.

Déjà à Kannauj qui était une ville importante de l’Inde du nord à cette époque, la population déportée plus de 50 000 habitants était ethniquement diverse, mais comportait certainement un grand nombre de Rajputs, dignitaires militaires, très présents dans cette ville. Cependant, c’est en dehors de cette base originelle indienne, c'est-à-dire du Khorasan à l’Asie Mineure, que commence réellement l’histoire militaire des Proto-Rroms  et plus tard, en Europe des Rroms eux même.

Ghulams, soldats d’élites mercenaires, mawalis les références à des contingents proto rromani ne manquent pas dans les chroniques et les récits de batailles ghaznavides. Elles seront un peu moins systématiques plus tard mais ne disparaitront pas, bien au contraire. En effet, en 1300, à l’aube du renversement de regard et à la frontière entre le passage d’une perception historique orientale à une autre occidentale des Rroms, dans le Péloponnèse vénitien, il y avait des garnisons militaires spécifiquement gitanes, attestées à Modon et à Nauplie.

Lorsque les Rroms arrivent en France dans le premier quart du XVème siècle, pendant la guerre contre les Anglais,  ils furent d’ailleurs très souvent reçus avec faste et considération par l’aristocratie qui vit en eux les membres en exil d’une caste similaire à la leur. Au début du XVIème siècle, les Rroms circulent aisément. L’exotisme était d’ailleurs à la mode. L’historiographie s’est contentée de focaliser les raisons de leur entrée en Europe occidentale sur des causes religieuses, le pèlerinage expiatoire, reprenant sans le mettre en perspective le récit fascinant, il est vrai, d’un peuple qui se disait originaire de Basse Egypte et qui avait renié la foi chrétienne sous la pression des Sarrasins. Ces nouveaux arrivants devaient donc expier leurs péchés par un pèlerinage à Rome. C’est uniquement sur ces dires que c’est fondé toute une narration historique qui perdure aujourd’hui sans jamais « contextualiser » un stratagème d’élaboration  mythologique originel.

En prenant en compte d’une part le contexte géopolitique du moment (guerres seigneuriales, guerres nationales) et de l’autre les capacités fonctionnelles traditionnelles des Rroms (histoire militaire transnationale), nous pouvons penser d’autres raisons à leurs arrivées et leurs installations sur le territoire français. Pour corroborer l’hypothèse d’une raison autre que celle du pèlerinage, ou du moins des raisons plurielles, il nous faudra tout simplement changer de perspective en nous appuyant sur des archives françaises depuis bien longtemps connues de tous.

Pendant près d’un siècle, les compagnies bohèmes, comme elles étaient appelées, purent circuler aisément sur les routes de France tandis que dans d’autres pays, des mesures étaient déjà prises contre elles.

Peu à peu, les différents édits royaux ou arrêts parlementaires feront montre de plus de  sévérité à l’égard de ces compagnies bohèmes mais ces derniers se trouvent souvent tempérés en pratique par une étonnante indulgence et souvent même annihilées par des privilèges particuliers. 

Les habitudes administratives de l’époque sont quelques peu contradictoires. Parmi un certain nombre d’autres exemples, nous pourrions citer celui d’Antoine Moreul qui en 1544 reçoit du roi François I lui-même, protection et sauvegarde pour son « bien aimé capitaine de la Petite Egypte » ainsi que pour toute sa compagnie[3]. Henri II en fit de même en 1553 bénéficiant ainsi le Comte Palque pendant plus de 7 ans,  Henri IV remercia le Capitaine Charles d’avoir envoyé 400 Egyptiens au siège de St Jaen d’Angely etc.

Pourtant, dans certains cas, ces sauvegardes royales ou comme nous le verrons plus tard seigneuriales n’étaient pas prises en considération. Et certains parlements se montraient d’une extrême sévérité contre ces compagnies bohémiennes. A Rennes par exemple, en 1598, les bohémiens étaient passibles de peine de galère, en 1602 de pendaison. La même chose à Aix, Toulouse, Paris, etc.

Cependant les prescriptions de la sorte n’étaient que très peu suivies.

De nombreux interstices permettaient aux Bohémiens de conserver leur idiosyncrasie. Comme nous le verrons plus en avant, les Rroms français n’étaient  déjà pas en dehors de la société mais à bien des égards et dans différents domaines, ils en étaient des éléments constitutifs et actifs. 

Si les compagnies et les familles bohémiennes étaient inscrites (et le restent aujourd’hui lorsqu’elles ont conservé un mode de vie itinérant) dans une réalité géographique bien déterminée et souvent restreinte, si ces compagnies retournaient sur les mêmes lieux et s’adressaient aux même familles seigneuriales,  c’est qu’elles y étaient bien reçues. On peut se demander quelles  étaient les raisons de cet accueil favorable ? La charité chrétienne, sûrement pas, pour certains le goût de l’exotisme et l’excentricité (c’est déjà plus probable, à cette époque encore, l’exotique dans ces milieux était symbole de richesse et de pouvoir), la possibilité de recruter des serviteurs (c’est également probable, les talents de  maquignons des Bohémiens, mais également ceux de médecin étaient très appréciés chez la noblesse française).  La recherche de distraction n’y était sûrement pas pour rien, le Bohémien étant d’une certaine façon le successeur du troubadour du Moyen Age. Le besoin  de s’assurer la disposition d’un contingent militaire fidèle et dévoué, c’est comme nous le verrons plus tard sûrement une des raisons principales de ces relations privilégiées qui existaient entre certaines familles/compagnies bohémiennes et certains seigneurs français. 

Dans de nombreux cas, la protection des Bohémiens par les hauts personnages se matérialisaient par le parrainage d’un enfant du capitaine de la compagnie bohème. En guise d’exemple et parmi tant d’autres, nous pourrions citer celui du fils du « capitaine bohémien, Egyptien, ut aiunt, » Jean Jerosme dont le fils, Louis,  fut baptisé en 1641 à Chament prés de Senlis par Louis de Saint Simon, seigneur de Rasse, gouverneur et bailli de Senlis.

Le patronage royal et nobiliaire a assuré une construction identitaire garante de la permanence collective.

C’est souvent grâce à ces protections et aux complicités que les compagnies bohémiennes continuèrent à circuler sans avoir à démanteler leurs structures familiales. Dans la grande majorité des cas, lorsque les forces de polices étaient dans l’obligation de se montrer répressives, elles se contentaient de pousser les compagnies devant elles, voire de les accompagner jusqu’aux limites d’une juridiction avoisinante. Indulgence, insouciance administrative ou souci d’éviter des combats avec des bandes armées ? Car en dépit d’une rigoureuse législation sur le port d’armes ; les compagnies bohèmes étaient armées et souvent fortement. Encore tardivement, à la moitié du XVIIème siècle, plus exactement en 1628, en Armagnac, on constate le passage d’une compagnie de Bohémiens d’une trentaine de cavaliers et d’autant de gens à pied « armés de bâtons à feu et armes d’hast ». [4]

 


 

L’enracinement des Rroms en France renforcé par le service des armes et le patronage royal et seigneurial  au XVIème et XVIIème

La présence des Rroms en France fut renforcée à l époque moderne, entre le début du XVI et la première moitié du XVIIème par le service des armes et le patronage royal et seigneurial. Et c est en grande partie ce patronage royal et militaire qui a assure une construction identitaire garante de la permanence collective. En effet, déjà sous François I, pendant les Guerres de Religions et ce jusqu’à Henri IV, mais également sous La Fronde, les Rroms de France furent intégrés aux armées par licences du roi ou d autres autorités.

Ainsi, le capitaine Anthoine Lescuier reçut le 18 février 1522 l’autorisation de parcourir le duché de Bretagne avec ses gens en tant que « lieutenant du compte de Petite Egypte ». Souvent, les laisses passées à caractère religieux n étaient que les justifications de déplacement de détachement militaire.  En effet, la sus dite lettre en faveur d’ Anthoine Lescuier avait été précédé d un mandement de congé et licence du 31 mai 1508 « pour les egiciens estans en ceste ville de Nantes, de passer par le pays de Bretagne en allant au Mont Saint Michel, ou ilz porront sejourner en faisant le voyage l espace de 20 jours ».[5]

La reforme calviniste et la crise sociale qui eut lieu en France pendant presque toute la seconde moitié du XVIème siècle créèrent  un état de guerre permanent connu comme les Guerres de Religion (1530-1598), pendant lesquelles la circulation et la nécessité de bandes armées…

Les Tsiganes n’ont pas été systématiquement persécutés comme les mauvais pauvres. Et dans de nombreux cas, ces compagnies pouvaient être directement au service du roi. Henri V remercia le capitaine Charles d’avoir envoyé 400 Egyptiens au siège de Saint Jean d’Angely en 1621. Comme elles pouvaient être également au service des seigneurs, qui pour des raisons politiques ou fiscales frondaient directement le roi.

Le grand historiographe des Rroms français le proclamait déjà en son temps : « les seigneurs hauts justiciers, au lieu de chasser, comme ils le devaient, les bandes de bohémiens, leur accordent fréquemment leur protection »[6].

Dans ces cas, ceux de la protection des Bohémiens par les seigneurs, ceux-ci n étaient guère appréciés par le roi. Il est d’ailleurs très clair, à l’étude des édits royaux et autres arrêtés parlementaires qu’à partir de 1539, s’affirme une volonté réelle de disperser ces compagnies militaires quitte d’ailleurs à les reformer plus tard au profit du pouvoir central et de la conjoncture militaire du moment.

Les Rroms de France, comme ce fut d ailleurs le cas dans la plus part des pays d’Europe et plus particulièrement de l’Espagne, les bohémiens demeurèrent fidèles à leur protecteur noble ou au roi, et leurs réseaux familiaux étaient en quelques sortes calés sur les alliances lignagères de leurs protecteurs. Il n’est pas rare de trouver dans les registres paroissiaux et de baptêmes, un parrainage noble dans une famille bohémienne.  C’était le cas pour les familles nobles telles que les Condé, les Cossé Brissac, les familles d Anthenaise, de Levis, de Louis de Saint Simon, du Bailli de Sanlis, des Du Bellay.

Il est donc important de souligner comment la consolidation lignagère et l’enracinement régional stable des Rroms français s effectuent donc très vite. 

Cependant, comme nous le verrons plus tard, l’années 1682 correspond à un tournant dans l’ histoire des Rroms en France et de la considération de ces derniers par le pouvoir central et par le peuple.

Le 11 juillet 1682, Louis XIV dans sa Déclaration « contre les Bohémiens et ceux qui leur donnent retraite » retire définitivement aux « compagnies de Boesme » la justification d’un patronage militaire qui perdurait en dépit des ordres. La dissolution définitive des compagnies sera obtenue en coupant les bohémiens de leurs attaches et le texte mentionnait par trois fois les complicités seigneuriales. [7] Mais il ne faut pas se méprendre sur la nature du désaveu royal de Louis XIV. Il s’adressait avant tout à la noblesse qui s attachait les services des bohémiens. Le texte jetait ainsi la suspicion sur une certaine noblesse en suggérant une collusion scandaleuse avec leur garde bohémienne.

La dissolution définitive des compagnies sera obtenue en coupant les capitaines bohémiens de leurs attaches seigneuriales.

C’est le succès de la politique centralisatrice de Richelieu (postérieur à la révolte des Huguenots et le siège de la Rochelle 1628), qui détruira les liens établis entre les compagnies bohémiennes et les seigneurs locaux.  Les capitaines bohémiens se retrouvent sans appui ni protection et, pire encore se voient considérés comme un obstacle à la politique de consolidation du pouvoir central. La Déclaration du Roy contre les Bohémiens ou Egyptiens peut donc être considérée comme un instrument  de répression destiné à détruire une spécificité mais surtout comme un instrument politique de garantie de la centralisation de l’Etat. A partir de ce moment, et en règle générale, les Bohémiens ne seront plus mentionnés en tant que tel dans les textes officiels. La logique de négation d’une spécificité ethnique se met en place pour faire place à un rejet de l’asocial, du hors norme. Mais cette déclaration donne au Roi le prétexte idéal pour diminuer les prérogatives de la justice seigneuriale  qui contrariait l’autorité royale. Quelles étaient les peines qu’encouraient seigneurs et nobles qui protégeaient les compagnies bohémiennes ainsi que ces dernières ? D’un coté, confiscation des terres et suppression des privilèges, de l’autre galère à perpétuité pour les hommes, fouet et exil pour les femmes, galère ou hospice pour les enfants.  Les compagnies sont donc dispersées et, par le sort réservé aux enfants, les générations futures, garanties de la transmission de l’idiosyncrasie rromani, assimilées. Les hommes condamnés aux galères et les femmes « rééduquées » dans des hospices ou des manufactures, ce texte, bien plus précis que les antérieurs, est d’une rationalité et d’une cohérence toute nouvelle, annonciatrice de l’ensemble des résolutions répressives prises à l’encontre des Gitans en France. La Couronne, à partir de 1689 élabore donc une politique d’exception à l’égard des Bohémiens. Leur disparition est son but. Géographiquement, par l’exil, socialement par la désintégration du groupe (garant de sa cohérence et du maintien de sa spécificité culturelle) et l’uniformisation de ses membres au sein de la société majoritaire.

 

Malgré la sévérité du pouvoir central et la justice expéditive des prévôts locaux, les Bohémiens réussirent à continuer de bénéficier dans une proportion tout autre à la réalité antérieure, de certaines protections.

Cependant, ces méthodes coercitives à leur encontre  réussirent à disperser et à démanteler des compagnies initialement composées de 50, 100 voir 200 personnes.  Les familles gitanes qui vivaient près de frontières (celle du nord ou celle d’Espagne par exemple) se trouvaient dans une situation favorable pouvant ainsi passer d’un coté ou de l’autre des frontières quand la situation leur était plus favorable. Mais en général, les compagnies se fragmentaient en petits groupes qui  s’efforçaient de passer inaperçus et auxquels à partir de ce moment, il semblerait que, fréquemment, venaient s’y associer des éléments non-gitans. Retirés en des lieux retirés, et bénéficiant encore de la protection de certains nobles, ces petites bandes continuaient à effrayer les habitants de certains villages. Utilisons comme illustration de ce propos, le récit que fait François de Vaux de Foletier dans « La vie quotidienne d’un groupe Bohémiens en Forez au début du XVIIIème siècle»[8].

Nous sommes en mars 1710, un groupe familial gitan circule dans les montagnes de Forez. Comme moyen de transport ils possèdent une petite mule et 5 chevaux ou juments (parmi eux, un petit cheval galeux et une jument boiteuse). Cette famille était composée de 3 hommes et 3 femmes. Les deux hommes plus âgés étaient connus comme Donnacien Charles alias « Monsieur le Vieux » né à St Renan en Bretagne et  Denis Charles « Le Chevalier », respectivement de 72 et 66 ans. Tous deux étaient frères et ce qui est intéressant et soit dit en passant, assez fréquent chez les Bohémiens de cette époque, « maitres d’armes et de  danse ». Ils allaient de ville en ville, de château en château pour enseigner l’art de manier l’épée et celui de la danse. Lors de son arrestation, Le Chevalier se vanta de n’avoir fréquenté « que des gens de qualité avec lequel il allait même chasser faisant office de rabatteur » et d’avoir enseigné à tirer à de nombreux jeunes nobles. Les deux hommes affirmèrent avoir vécu séparés jusqu’à l’année dernière où ils s’étaient retrouvés sur les bords de Loire et avaient décidé de faire route ensemble. Le troisième homme, Jean Saint André était âgé de 55 ans et également faisait office de maitre d’arme. Il avait été volontaire dans l’armée royale au régiment de Montmaur durant deux ans. Son congé obtenu, il avait exercé en tant que professeur  d’armes pour les fils de la noblesse rurale. Une autre manière de gagner leur vie était à leur dire, le troc de chevaux.

Les 3 femmes étaient, la belle-fille âgée de 30 ans de « M. Le Vieux », une veuve mariée en secondes noces avec Le Chevalier et sa fille de 20 ans, épouse de Saint André ainsi que 2 enfants. A cette famille s’était uni 4 gadjé (deux mendiantes et 2 jeunes hommes qui cherchaient du travail). Le groupe n’avait pas de problème particulier pour s’approvisionner et mangeait de la viande au repas et au diner. Les femmes étaient responsable des vivres, ne s’appropriant de rien, mais jouant de la crédulité et de la superstition des villageoises. Les hommes s’occupaient des chevaux.

Cependant, les autorités de Roanne furent informées de la présence de ce groupe de 14 vagabonds armés. Au moyen d’un important déploiement de moyen, ils furent attrapés et conduits en prison. Durant le trajet, la population fait montre d’une forte animosité envers le groupe et s’en galvanisant même lors du procès qui s’ensuivra.

Durant les auditions, les prisonniers se défendent avec fermeté jurant n’avoir jamais rien exigé de force des habitants. Ce qu’ils n’avaient pas payé, avait été donné par charité ou troqué en échange de service rendu notamment pour avoir prêté leurs chevaux pour les travaux des champs. Mais finalement la sentence les déclara coupables d’être des « gens sans aveu », jouant d’astuces et de menaces pour obtenir des vivres pour eux même et pour leurs chevaux. Les Bohémiens furent donc condamnés : les hommes à galères à perpétuité, et les femmes au fouet, à être marquées au fer, à l’exil et à une amende. Les gadjes furent absous.

Dans toutes les provinces de France, les cas de ce genre sont nombreux, et la documentation d’archive montre bien comment de petits groupes de Bohémiens continuent à passer entre les mailles du filet, malgré le fait de s’être retirés des grand axes et de ne circuler que dans des régions reculés. D’autre au contraire, ne cherchent même pas à se cacher. En 1734, un groupe de 18 Bohémiens resta entre 8 et 10 jours dans  une localité avoisinante de Lyon, dormant dans les greniers, cuisinant de la bonne nourriture, rôtissant toutes les nuits de la viande sans en être inquiété. [9]

Après la déclaration de 1682 et comme nous l’avons vu précédemment, les Bohémiens ne sont plus désignés comme tels dans les édits et textes de loi. Le terme bohémien excepté peut- être au Pays Basque n’apparait plus dans la législation du XVIIIème siècle. Ils se voient donc implicitement compris, de part leur mobilité, dans le corpus légal qui réprimande le vagabondage. C’est donc dans les déclarations contre les mendiants et les vagabonds du 18 juillet 1724 et du 5 février 1731, sous le règne de Louis XIV que reprend et synthétise la Déclaration royale du 3 aout 1764 sous Louis XV que l’on peut trouver une claire définition : « Seront réputés vagabonds et gens sans aveu et condamnés comme tels ceux qui depuis 6 mois révolus ou plus n’auront exercés ni profession ni métier», sans feu ni lieu, qui ne pourront être reconnu ou certifier d’une vie et d’habitudes honorables par des personnes dignes de foi. Dans l’article IV de cette déclaration apparait également l’obligation de  choisir un domicile fixe ainsi que l’exercice d’un métier, après l’accomplissement de la peine prévu contre les errants.

Les captures s’accompagnaient d’une documentation précise des signes personnels de chacun, des montures et des objets saisis. Ces rapports qui décrivaient également les habits des Bohémiens nous indiquent qu’au milieu du XVIIIème siècle, les Gitanes semblent ne plus utiliser de vêtements spécifiques comme c’était le cas auparavant. C’était surtout la maréchaussée, chargée de la police des campagnes qui était à charge de faire appliquer la déclaration de 1689 et toutes autres mesures contre les nomades.

Les sentences comme nous l’avons vu précédemment étaient essentiellement des peines de galère ou de travaux forcés à perpétuité, les préférant à un châtiment improductif.

Dans la liste générale de galériens établie en 1739,  Vaux de Foletier [10] y dénombre 94 bohémiens et seulement 3 d’entre eux sont condamnés pour vol, violence ou banditisme. Le motif des condamnations des 91 autres Bohémiens envoyés aux galères à vie n’est autre que « comme bohême suivant la déclaration du Roi » ou « comme Bohême et vagabond » ou « comme vagabond sous le nom d’Egyptien et Sarrasin »  ou « Bohême et en faisant la profession » ou « Bohême sans aveu avec attroupement d’autres Bohêmes ».

Les peines dont étaient passibles les femmes étaient l’internement dans un hôpital général, d’être rasées, marquées au fer chaud, battues, le bannissement. Mais il semblerait que leurs peines n’était pas appliquées avec la même rigueur que celles des hommes.

Le renforcement des mesures policières et la fragmentation des compagnies obligèrent les Gitans à recourir à la pratique de certain métiers plus intégrés au milieu socioculturel de l’époque, et au sein desquels ils pouvaient rester ensemble ne serait ce qu’en groupe plus petit. C’est dans ce contexte, que de nombreux Bohémiens exercèrent les métiers de chirurgien et d’herboriste.

L’Abbé Prévost, en 1738, dans un de ses articles du populaire journal de l’époque « le Pour et le Contre » nous raconte comment entre 7 bohémiens arrêtés le même jour pour vagabondage dans la région de Bourgogne, 4 étaient chirurgiens et un autre barbier. L’abbé Prévost commente que « les visites que ces derniers font aux paysans ne manquent pas d’attrait ni d’utilité » et que certains d’entre eux sont «  très versés en médecine et en chirurgie ». Il ajoute que « les plus experts ont un secret qui provoque souvent l’admiration des physiciens et des chimistes ».

Ces Bohémiens qui officiaient en chirurgiens et thérapeutes, connaisseurs des plantes et de leurs vertus continuaient à pratiquer comme tels dans la France rurale de la moitié du XVIIIème siècle. Contrairement au reste des leurs, Ils conservèrent leurs tenues colorées pour attirer la clientèle, tandis que la grande majorité des Bohémiens avait été obligée de les abandonner pour ne pas susciter l’attention.

Antoine Delon était un de ces herboristes gitans. Il disait avoir appris le métier auprès de divers patrons et commença à travailler à son compte et à fabriquer et vendre diverses médecines : des sirops, des onguents, une eau pour soigner les douleurs de dents, des cataplasmes pour les enfants, des drogues contre la fièvre, la gale, la teigne, pour les coupures et les blessures. Les documents d’archives qui en font sa description soulignent son teint noir, ses dents blanches et sa façon très voyante de se vêtir : veste écarlate, boutons d’or, habit d’étamine de soie marron, culotte de taffetas et bas rouges. [11]

Mais même ce type de stratégie qui soulignait l’exotisme afin d’attirer le client et maintenir un certain prestige comportait également des risques. Une fois encore celui de se faire remarquer et de se convertir en cible des pouvoirs locaux comme des affabulations basées sur des légendes populaires des habitants de la France rurale. En 1729, à Saint Chamond en Forez, la maréchaussées se doit d’intervenir  poussée par la « clameur publique » qui affirmait que des Bohémiens s’emparaient d’enfants afin de les manger ou de les effrayer cherchant ainsi à ce qu’ils s’égarent dans les bois.

A la fois suscités et stigmatisés, il semblerait qu’à partir de la moitié du XVIIIème siècle, la méfiance des paysans envers les Bohémiens herboristes et guérisseurs augmente. On retrouve des témoignages et des documents dans lesquels ils se voient accusés de jeter le mauvais œil au bétail, d’empoisonner des villageois,  des sources. A Montagne-au-Perche, par exemple, les magistrats demandent à une gitane accusée s’il est vrai qu’elle a été expulsée de la ville pour avoir empoisonné certain habitants et leur avoir promis qu’elle pouvait ainsi les soigner. Cette dernière, lors de son audience invoqua à sa faveur les témoignages des puissants de la ville afin de se justifier. [12]

Comme nous l’avons souligné antérieurement, le service des armes n’était en rien étranger à la vie des Bohémiens et ceci depuis leurs origines. Nous avons déjà mentionné l’implication des Gitans, isolément ou en groupe dans les troupes royales ou au sein des armées de la noblesse au XVI et XVII ième siècle. Sous Louis XIV et Louis XV nombre de Bohêmes  étaient portés sur les contrôles des régiments. Ils figuraient au régiment des Gardes, au régiment du Roi, dans les régiments d’infanterie de Béarn, de Bonnac, de Brie, de Champagne, de Conflans, de Hainaut, de Montesson, de Morangiés, de Navarre, de Nivernais, de Normandie, de la Sarre, de Tessé, de Vivarais, dans des compagnies franches d’infanterie, comme la compagnie Des Moulins, dans des régiment de cavalerie, comme le régiment Dauphin, dans les dragons du régiment de Broglie, dans la Royal-Artillerie, dans les troupes des galères et les compagnies franche de la marine. Certains s’engageaient dans les corps étrangers au service de l’Espagne, comme les troupes wallonnes, le régiment irlandais de Bedford. [13]

Le métier des armes les mettaient en quelques sortes à l’abri des arrestations arbitraires, en plus d’être lié à une activité qui n’était en rien étrangère à leur histoire.

Également musiciens, fifres et tambour dans les régiments[14], François Vaux de Foletier nous parle d’un certain Pierre de la Roche, décédé à l’âge de 80 ans dans un village de Touraine qui avait été employé au port de Rochefort à la décoration des navires du Roi. [15]

De ce fait et ceci au moins jusqu’à la deuxième moitié du XVIIIème siècle, une mini société gitane existait dans les casernes françaises.

Leur réputation au combat n’était pas négligeable et le Charles Joseph Lamoral, Prince de Ligne, qui avait vu ces soldats sur le front de plusieurs bataille d’Europe, soulignait leur bravoure et affirmait qu’ils étaient « craintifs pour les châtiments et point pour les dangers ». [16]

L’enrôlement dans les armées du Roi était également, pour certain,  une manière de sortir de prison ou d’éviter la condamnation à une peine de galère[17].

Il est intéressant de constater au travers des sources d’archives comment, très fréquemment, les filles et les femmes des soldats gitans suivaient la route des régiments dans lesquels servaient pères ou maris. Elles s’installaient donc dans les villes où passait la garnison ou exerçaient même de cantinière et lavandière pour les troupes comme c’était le cas à la Rochelle, à Marseille et à Strasbourg. La fille d’un cavalier qui servait dans le régiment du Dauphin racontait comment  « tant que son père a vécu, elle l’a toujours suivi dans les villes où il a été en garnison et même au camp, faisant le métier de vivandière ».[18]

Après avoir servi en garnison et sur les champs de bataille, ces mêmes Bohémiens se faisaient donc maitres d’armes. Et certains enseignaient ce métier à leurs propres enfants. La terminologie que l’on retrouve dans les archives pour désigner pouvait être également « maître en fait d’armes » ou « prévôt d’armes ». Généralement,  ils se disaient également « maitres à danser » et « veneurs »[19]. Et se vantaient souvent d’avoir instruit la noblesse et des gens de condition, ce qui s’est souvent vu confirmé par des preuves écrites[20]. Nous pourrions reprendre l’exemple une fois de plus donné par Vaux de Foletier qui nous parle de François Mauron dut Chateauneuf, originaire de la Marche. Ce dernier exerçait le métier de maitre d’arme auquel son père l’avait formé, tandis que sa femme, Claudine Lespérance donnait des leçons de danse. Le couple travaillait en Saintonge, en Angoumois, en Limousin, en Quercy et en Périgord. C’est dans cette région qu’il apprit « à faire des armes » au Marquis de Bellissière, ainsi qu’au marquis de Laxion, un des principaux seigneurs de la région. Chateauneuf était même en possession d’un certificat du marquis, expliquant qu’il avait passé une année au château de Laxion. Il possédait également des pièces signées du capitaine de La Mirande, prouvant qu’entre temps, il avait servi dans une compagne franche de la marine, à Rochefort. [21]

La figure du cheval dans la cosmogonie et la vie quotidienne gitane revêt une grande importance encore aujourd’hui. Connus pour être d’excellents cavaliers, ils étaient également de grands connaisseurs en chevaux. Maquignons et  vétérinaires, ils faisaient également commerce d’ânes et de mulet en Provence et dans les Pyrénées.

Contrairement à ce qui est souvent rapporté et ceci depuis la vision stéréotypée d’un gitan nomade sans attache à la terre, de nombreux Bohémiens exerçaient des activités  agricoles saisonnières, cherchant à se faire embaucher pour faner les foins en Ile de France, faire les vendanges en Provence et sarcler les jardins en Bretagne. [22]

Divers commerces ambulants étaient exercés par les Bohémiens .Drapiers, fripiers, colporteurs, quincaillier, couteliers, vendeurs de mouchoirs, de dentelles. Ces métiers permettaient ou entrainaient (cela dépend du focus)  une certaine mobilité.

L’historiographie européenne relative aux Rroms a souvent confondu par méconnaissance ou par manque simplicité des réalités ethniques différentes en les regroupant sous une optique et un regard socio-économique. En effet, dans de nombreux pays d’Europe, un amalgame c’est effectué entre les membres du peuple Rrom et ceux qui d’une manière ou d’une autre partageaient des caractéristiques, des coutumes sociales et/ou des espaces géographiques similaires. C’est le cas par exemple avec les « mercheros » en Espagne et les « quinquilleros »[23]. En France, il en est de même  avec l’assimilation qu’il est fait par une certaine historiographie entre les Yéniches, les Forrains et les Rroms (Gitans, Manouches), où n’est pris en cause dans le procesus d’analyse qu’une certaine réalité, la socio-économique.

La perméabilité du fait même du contact entre ces communautés et les Rroms ont entrainé une transmission d’éléments culturels et notamment linguistique entre ces différentes réalités. Mais une fois de plus, c’est essentiellement l’œil extérieur qui éprouve des difficultés à faire des distinctions qui sont pourtant au sein de ces différents « groupes » évidentes[24].

C’est d’ailleurs à partir de ce moment que se cristallise un certain regard sur les Gitans. Si les Bohémiens qui continuaient d’exercer des professions impliquant une mobilité géographique sont en constante diminution, ils se voient considérés comme de simples vagabonds par les pouvoirs publics français. C’est derniers étaient en effet très préoccupés par les questions de vagabondage et de mendicité, comme l’étaient toute l’Europe à une époque où s’opérait une détérioration profonde des conditions de vie de la classe ouvrière, entrainant de ce fait la mobilité et la forte visibilité de nombreuse personne sans autre possibilité que celle de survivre.

Le peuple Rrom arrive et s’inscrit dans le territoire français au moment même où un nouveau concept  d’état s’ébauche. En effet,  l’Etat Nation structure ses bases du XVIème au XVIIIème siècle. Le regard officiel porté sur les Gitans et la législation qui s’ensuit sont aussi le reflet de cette mutation politique. L’état nation qui s’organise, dans son refus de la différence qu’il considère comme une dérogation à la règle sociale, décidera donc d’inclure par la négation un peuple dont il ignore même l’origine, l’existence et l’avenir.

De la même manière, l’image du Bohémien, qui avait déjà imprimé l’esthétique de la civilisation baroque se voit à présent malmenée par l’esprit préromantique  puis romantique qui pourtant foisonne d’utilisations du thème gitan en l’inscrivant dans la marginalité et le nomadisme social. 


 

Du statut de Bohémien a celui de nomade. 1860, l’élaboration d un plan national de surveillance des mobilités. Les prémices  d’une négation de l’ethnicité des Rroms en France

Nous avons donc vu comment, l’année 1682, celle de la Déclaration du Roy contre les Egyptiens et les Bohémiens de Louis XIV avait conclu au début de la dispersion des compagnies bohème et au déni d’ethnicité.

Nous sommes maintenant vers 1860 où se met en place un plan national de surveillance des mobilités. Peu à peu se tissent le réseau institutionnel  de la négation  des Rroms en France. Le déni d’identité qui aujourd’hui est de mise en France tant d’un point de vue étatique, administratif que socio culturel trouve sa genèse à cette époque. On ne parlera donc plus d’Egyptiens, de Bohèmes ni de Gitans, ni de vagabonds et de « gens sans aveu », mais de nomades, plus tard de Tsiganes pour terminer aujourd’hui avec l’emploi d’une catégorie administrative «gens du voyage » désignant tout en le niant, un peuple riche d’une idiosyncrasie et d’une histoire particulière.

Cependant, alors que dans l’ensemble du territoire français, les Gitans étaient éparpillés en petits groupes, se dissimulant comme ils le pouvaient, essayant de récupérer l’existence semi sédentaire qu’ils avaient connu en Europe orientale, la situation était quelque peu différente près des frontières. Dans la zone frontalière avec l’Allemagne, en Alsace (où comme nous l’avons dit précédemment, de nombreux soldats gitans servaient dans la garnison de Strasbourg) et à l’ouest de la Lorraine, se trouvaient des gitans sédentarisés artisans et journaliers mais également un certain nombre de compagnies de taille assez conséquente vivant dans les zones montagneuses et boisées. Malgré la richesse des bois et des rivières, leurs incursions dans les villages étaient redoutées et souvent dénoncées.

La proximité des frontières, que ce soit celles de l’Empire ou celles d’Espagne, garantissait une certaine sécurité. Le marquis de La Salle, commandant en second en Alsace mentionne comment Louis IX, le seigneur ou landgrave de Hesse, fondateur de Pirmasens et connus pour sa passion du monde militaire protégeait des « bandits connus sous le nom d’égyptiens…à qui ils étaient utiles tant comme recrues pour son régiment que pour empêcher les désertions ». [25]

Malgré les sévères lois  en vigueur provenant de l’appareil central français et de l’Empire, en Lorraine des administrateurs et des particuliers intelligents pensèrent autrement la réalité bohémienne. Ils partirent du principe que si ces derniers étaient dangereux ou asociaux, cela pouvait être la conséquence du  constant rejet et de la discrimination dont ils étaient victimes, ainsi que de la situation précaire où ils se trouvaient du fait d’expulsions constantes au gré des politiques nationales répressives entre la France et l’Allemagne. La société les poussait donc à la mendicité et au pillage. Une alternative devait donc être trouvée à ces expéditions punitives, coûteuses et inefficaces. Et celle-ci ne pouvait passer que par le dialogue. En 1786, des rencontres eurent lieu et des négociations furent entreprises entre les représentants des habitants du comté de Bitche, et les Bohémiens. Les Gitans, en représentation desquels se trouvaient Louis Reinhart de 70 ans, Chritophe Lehman et Michel Adam ses fils entrèrent en pourparlers avec le bailli gruyer[26] de l’abbaye bernardine de Sturzelbronn, François-Antoine-Nicolas Jersé. [27]

Les Bohémiens expliquèrent que persécutés tant en France qu’en Allemagne, ils étaient obligés de vivre dans les bois et ne pouvaient abandonner leur refuge que pour demander l’aumône dans les villages. Mais ils se dirent disposés et non seulement au nom de leur troupe mais également à celui d’une centaine de coreligionnaires vivant en France et dans l’Empire de  se soumettre au gouvernement français. Se disant « accoutumés à la fatigue » ils accepteraient même de se faire agriculteurs et firent valoir que « leurs nombreux enfants donneraient des sujets à l’Etat ». En échange, ils posèrent 2 conditions : qu’aucune atteinte ne soit portée à leur liberté, ne les conduisant pas comme des criminels et que 12 de leurs camarades emprisonnés dans la région soient libérés. Une correspondance, des procès verbaux et des mémoires furent rédigés et envoyés à différents maréchaux ainsi qu’au ministre compétent, insistant sur la nécessité d’admettre les requêtes des Bohémiens.

En même temps, ils recompilent toute une documentation ethnographique sur les Gitans de la région. Toutes ces initiatives se voient donc tronquées en 1789 avec la Révolution Française. Mais, jusque là et malgré les différentes politiques mises en œuvre, les Rroms français s’adaptèrent à toutes les circonstances sans pour autant perdre leur identité.

C’est sous le Second Empire, en 1860 que s’élabore à l’échelle national l’idée d’une surveillance précise des mobilités bohémiennes. Une directive du 6 janvier 1863 impose à tous les ambulants français et étrangers résidents sur le territoire le port d’une pièce d’identité, nommé « livret spécial » comprenant un signalement exact et l’état civil du porteur et de sa famille.  Le ministre de l’Intérieur de l’époque préconise même l’assignation « à chacun d’eux d’une résidence distincte et obligée »[28]. La mise en place de ces mesures ne fit pas montre d’une grande efficacité et c’est un peu plus de 30 ans plus tard, en 1895, que le gouvernement français ordonnera un dénombrement général de tout les nomades, bohémiens et vagabonds en vue de l’identification et la surveillances des Rroms en France. Les activités déclarées par les itinérants recouvrent divers métiers : saltimbanque, vannier, chanteur, marchand forain, lutteur, colporteur, acrobate, écuyer de cirque, graveur, boulanger, marchand d’oiseaux, fabricant de corbeilles, marchand de chevaux. Ils sont majoritairement de nationalité française, mais sont recensés également quelques Espagnol, Italiens, Suisse, hongrois, bosniaques…Le dénombrement des « nomades en bande voyageant en roulotte » sera estimé à 25 000 personnes. Que peut-on retenir de ces informations ? Premièrement, qui sont ces ambulants ? Sont-ils tous Rroms ? L’ethnicité étant niée, c’est la mobilité qui prévaut et la catégorie sociale souvent précaire (quoique cette notion est à remettre en question également) qui est donc visée, mise en exergue. Pour l’historien, une autre question se pose, qu’en est-il des Rroms déjà sédentarisés à cette époque ?

Deux autres faits sont des plus intéressants pour comprendre la construction et l’utilisation d’une soi-disant problématique, dans ce cas celle liée aux bohémiens. Le premier, l’utilisation politique dans le contexte géostratégique de l’époque (la défaite de 1871 contre les Prussiens) de la question nomade par le ministère de l’Intérieur. En effet, ce dernier télégraphia aux préfets  leur demandant  de découvrir quel pouvait être leur chef et comment fonctionnaient leurs réseaux. Voici le télégramme : « suis informé que bandes de nomades parcourent France et étranger, obéissant à un chef résidant à Paris. Il y a intérêt capital à découvrir ce chef et à connaitre la nature des liens qui l’unissent aux nomades, des ordres qu’il leur donne et des missions qu’il leur confie ». Dans un contexte d’exacerbation patriotique vis-à-vis de l’Allemagne, il était donc facile de jouer la carte du prétendu « chef » tsigane venu de l’étranger, espion au service de l’ennemi.

Un deuxième intérêt satellite à ce recensement est sans aucun doute le traitement donné par la presse populaire à ces mesures. Voyons ici un extrait d’un article du Petit Journal en date du 5 mai 1885 qui publie dans son supplément illustré : « le ministère de l’Intérieur a voulu régulariser, autant que possible, la situation de ces errants au milieu desquels peuvent se cacher nos pires ennemis. Il a ordonné le recensement général. Le même jour, à la même heure, partout en France, ils ont été cernés par la gendarmerie… ».

A partir de 1897, de nombreux conseils généraux instaurent l’obligation d’obtenir des autorisations préfectorale permettant la circulation et l’exercice de leur profession des familles nomades. Le rôle déterminant joué par les conseils généraux dans ces décisions préfectorales est souvent le résultat d’une force sous jacente,  d’un lobby en somme, celui de la Société des Agriculteurs de France. A une époque où les Rroms circulent principalement dans les campagnes et où les discours xénophobes et sécuritaires prévalent, jouant sur le concept d’identité nationale basée sur le rejet de l’étranger, il est aisé de brandir l’image d’un nomade voleur et brigand.

Pour assurer une surveillance plus étroite des nomades, de nouveaux procédés sont mis en place : le service de police judiciaire et la création d’une police mobile d’identification des nomades. Dans la circulaire du 4 avril 1908, le ministère de l’Intérieur informait les préfets des missions fondamentales dévolues aux agents de police mobile : « Ils photographieront et identifieront, chaque fois qu’ils en auront légalement la possibilité, les vagabonds, nomades ou romanichels circulant isolément ou voyageant en troupes et enverront au contrôle général, établies selon la méthode anthropométrique, photographies et notices d’identification. » [29] Un fichage massif des Tsiganes peut donc se mettre en place et la presse s’en réjouit, allant jusqu’à parler de « Chasse aux nomades ». Les chiffres qui couvrent la période du 18 mars 1908 au 31 juillet 1909  parlent de 7790 nomades photographiés et répertoriés.

Le 25 novembre 1908, un projet de loi du ministre de l’Intérieur George Clémenceau un pas est franchi préfigurant ainsi la loi de 1912 qui orientera toutes les législations postérieures. Plusieurs catégories d’itinérants sont à présent instituées. Chacune d’elles reposant sur un critère de distinction lié à une condition de domiciliation.

La première catégorie est celle des « ambulants » qui ont un domicile fixe et qui sont tenus à ne faire que de simple déclaration en échange d’un permis de circuler.

La deuxième est celle des « nomades » qui doivent solliciter une autorisation délivrée sous la forme d’un carnet spéciale dit « carnet d’identité ». Ce carnet est obligatoire pour tout nomade, sous peine d’un an d’emprisonnement. Il s’accompagne également d’un carnet collectif pour chaque famille. Les personnes qui louaient ou concédaient gratuitement un terrain où stationner se devaient dans les 24 heures d’avertir de la présence de ces nomades à la mairie sous peine d’amende. Enfin, le gouvernement prévoyait d’instituer un fichier général  central tenu par la Sureté générale.

Tout est donc mis en place pour passer à l’étape suivante, celle de la création du « carnet anthropométrique d’identité ». Une fois la législature 1906-1910 terminée, la nouvelle Chambre mettra en place d’une part le « Carnet anthropométrique d’identité » et de l’autre une modification importante touchant le statut des nomades. Une différenciation sera faite dans les textes entre Nomades rroms désignés sous les termes de Bohémiens et Romanichels et les forains de nationalité française. Ici encore c’est la pression d’un collectif au poids électoral non négligeable, celui des forains qui impulse cette distinction, peu content de se voir assimiler à une population considérée comme criminelle. Alors que les forains n’auront qu’à montrer une carte d’identité nationale avec signalement et photos, les Rroms eux, devront être pourvus d’un carnet anthropométrique à faire viser dans toutes les localités où ils se rendent. Les Rroms vivant en France, la plus part depuis plus de cinq siècle se voient privés des droits inhérents à la citoyenneté nationale. S’enclenche donc un « processus de dénationalisation administrative ».[30]

 

 

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            Je me suis délibérément arrêtée à l’aube du vingtième siècle.  Le carnet anthropomorphique se mettra en place La Première Guerre va éclatée, la Seconde la suivra. L’entre deux guerres supposera un renforcement des contrôles de la population nomade suspectée d’espionnage du fait de sa mobilité.  Sur la première guerre mondiale, rien ne sera dit, où si peu de la participation des Rroms français à l’effort de guerre. Ces Rroms qui pourtant ont bien combattu dans les tranchées, quelques fois même vivant des situations d’une extrême cruauté comme celle de ces deux frères manouches, les Dubois qui se sont vus enrôlés l’un en Allemagne, l’autre en France et qui ont vécu avec la terreur de se tuer l’un l’autre.  [31]Très peu de choses seront écrites sur les Rroms Français dans la Résistance,  alors qu’aujourd’hui encore,  un grand nombre pourrait témoigner. Combien de pages ont été écrites sur le soulèvement gitan du camp d’Auschwitz, le 16 mai 1944?

Quelles sont donc les conséquences de cette mise sous silence de tout un pan de l’histoire des Rroms en France ? Pourquoi nier, non pas l’existence (car les archives qui en attestent sont connues) mais la narration de cette réalité ? Quelles sont les conséquences politiques, sociales et éthiques d’une telle manipulation ?

Les Rroms en France ne sont pas les oubliés de l’Histoire mais bien les « manipulés » de l’historiographie. Cette manipulation a eu et continue à avoir des effets désastreux tant sur la perception extérieure que l’on se fait de ce peuple que sur sa propre connaissance de lui-même.

 

 

Sarah Carmona

 

 

 

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[1] Jolande Jacobi, Complexe, archétype et symbole, Delachaux et Niestlé, coll. « Actualités Pédagogiques et Psychologiques », 1961 (ISBN B0014V67T2). traduit par Jacques Chavy ; préface de C. G. Jung.

[2] Référence à la campagne de l’Instituto de Cultura Gitana du Ministère de Culture d’Espagne « España también es gitana »

[3] Archive de Seine et Oise, J. 1328

[4] Archives de Haute Garonne, B 489, fol 573 et 573 verso

[5] Archives Departementales Loire Atlantique B17, fol 59

[6] F. Vaux de Folletier, Les tsiganes en France au xvii e siècle, 1971, pp.147-153

[7] Déclaration du Roy contre les Bohemiens ou Egyptiens, Versailles, 11 juillet 1682 enregistrée au Parlement le 4 aout 1682 dans “Recueil général des anciennes lois françaises », tome 19, Paris, 1825, n 1019, pp. 393-394.

[8] Vaux de Foletier, « La Vie quotidienne d’un groupe de bohémiens en Forez au début du XVIIIème siècle », Etude Tsigane, 1960/1, pp.22-26

[9] Arch. Du Rhone, B. Maréchaussé, 1834-1835

[10] Arch. Nat., Marine, D5 2 et 3 ; Vaux de Foletier, Les Tsiganes dans l’ancienne France, p.179

[11] Arch.de la Nièvre, B. 217 ; Arch. du Lot et Garonne, B. 336

[12] Arc. De l’Orne B. Marechaussée, années 1735 à 1744

[13] Arch. de la Guerre, Yic 1049 ; Arch. nat., Marine D5 4, nos 64, 65 ; Arch. de l’Aube, I B. 2922 ; Arch. de la Dordogne, B 363 ; Arch de l’Hérault, C175 ; Arch d’Ile et Vilaine, 8b. Maéchaussée, année 1758 ; Arch. de Lot et Garonne, B 336 ; Arch. de l’Orne, B. Maréchaussée, année 1735 ; Arch. du Rhône, B. Maréchaussée, année 1729 ; Archive de la Seine et Marne, B. Maréchaussée de Melun, année 1739 ; Arch. du port de Toulon, I. O. 99 et 108

[14] Arch. nat, D5 4 ; Almanach historique de Marseille (Marseille 1788), p 195

[15] Vaux de Foletier, Mille ans d’histoire des Tsiganes, p172

[16] Prince de Ligne : Œuvres mêlées, t. IX, (Vienne et Dresd, 1806), p. 198-199

[17] Arch du port de Toulon, I. O. 97-100

[18] Arch. d’Indre et Loire, B Maréchaussée, année 1728 ; Arch de Loir et Cher, B. Maréchaussée, années 1748-1749 ; Arch du Rhône, B. Maréchaussée, année 1739 ; Arch de la Seine et Marne, B. Maréchaussée de Melun, année 1739 ; Arch du Port de Toulon, I. O. 98, 100.

[19] Celui qui est chargé de diriger les chiens courants.

[20] Arch. nat., D5 4 ; Arch. de la Charente, B, 199 3 ; Arch d’Indre et Loire, B. Maréchaussée, année 1715 ; Arch de la Loire ; B. 797 ; Arch de Seine et Marne, B. Maréchaussée de Melun, année 1739

[21] Arch. de la Dordogne, B. 363, nos 111, 112, 113.

[22] Arch. nat., Y.18.606 ; Arch. d’Ille et Vilaine, 8 B. Maréchaussée, année 1758.

[23] « Quinquilleros »dans son acceptation historique et non pas cripto-sociale, c’est à dire les quincaillers descendants des colons allemands et des hollandais venus en Espagne à la fin du XVIII ème siècle  poussés par la politique de Pablo de Olavide de repeuplement de certaines régions péninsulaires

[24] En Espagnol (Gitagnol) se comporter comme un merchero  n’est en rien positif. Ce qui est souvent également utiliser comme un argument de discrédit.

[25] Vaux de Foletier, Mille ans d’histoire tsigane, p124.

[26] il est gestionnaire de la forêt royale.

[27] Arch. nat., 27 AP.4, dossier 5 (papiers François de Neufchâteau)

[28] Circulaire du ministère de l’intérieur, 19 novembre 1864.

[29] Journal officiel, 5 avril 1908 ; circulaire relative aux attributions et au fonctionnement des brigades régionales de police mobile, p 2393

[30] Henriette Asseo

[31] Cette histoire est celle des arrières grands parents de mon amie Moisa Dubois et m’a été racontée par son grand père.

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Published by Lutheuses de Rrue prisesdepensee - dans Lutheuses de Rrue
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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 16:31

Voici un témoignage, vous pouvez y joindre vos commentaires et le signer. Vous pouvez également le faire circuler parmi vos connaissances et vers des sites de cafés philo.

En effet nous savons bien qu'aujourd’hui comme hier l'adhésion à un comportement inacceptable passe aussi bien par un soutien actif que par un silence complice Notre propos est de faire se transformer une situation peu propice au partage de la parole

 

 

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UN CAFÉ PHILO À TROUVILLE ?
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Trouville est en Europe c'est un fait.
Un café philo y existe depuis 15 années, c'est aussi un fait.
Ce samedi .du mois d’avril ...  Zolan et moi sommes allées  au café philo pour une ballade de pensée, pour échanger, trouver dans cette charmante ville des gens heureux de (se) questionner et un lieu qui ne serait pas que villégiature.


Il devait être question du temps et de la conscience que nous en avons.
Je ne connaissais M. K.  l’animateur. J'écoute son introduction pendant 6 ou 7 minutes... Il lance le débat, nous sommes une dizaine. Des gens commentent, s'interrogent, la métaphysique est à l'honneur et fait un peu peur semble t-il ; une conversation s'amorce. Puis le goût me prend d'intervenir et puisqu'il a été question dans la présentation de M... des repères du temps, de ce qui représente le temps, je parle des différents calendriers avec lesquels nous vivons, nous et nos voisins : chrétien, musulman, juif, chinois.... en effet,  j'ai toujours été passionnée par cette notion du temps historique ou religieux qui se décline différemment selon nos appartenances culturelles, nos origines, nos choix et détermine des représentations complexes à partager. Une autre femme parle du présent, y être, ne pas se sentir totalement là, au présent... Un bref moment de bonheur émerge dans ces échanges simples et authentiquement vécus... la jubilation du parler vrai, de chercher une vérité ensemble...

D'autres personnes interviennent, M. K. aussi... et soudain très raide il décrète que « nous ne sommes pas ici pour faire de la philo «de paysan en train de nourrir ses poules» . Mon amie Zolan très calmement suggère que c'est un peu dommage de ne pas prendre en compte l’activité de pensée d’un paysan ou de tout autre être humain et que la pensée, la philosophie ne sont pas qu’affaire de spécialistes.
M.. K. (devenu rouge inquiétant), se lève et décrète très abruptement et sans aucun à propos que « cela suffit, on arrête la séance ». Tout le monde est surpris, choqué. Trois femmes sont visées : nous. Celle qui a fait place à d’autres cultures, celle qui a interrogé son expérience personnelle, et celle qui refuse que la pensée des  « non spécialistes » soit méprisée. Nous sommes les empêcheuses de penser en rond.

De tendue et étrange la situation devient violente.

 
M. K. ... me crie "dégagez !!!"... à plusieurs reprises, me désignant explicitement, puis nous désignant tout aussi nettement de la main, du regard, de l'adresse.

Il suffoque en disant "cela fait 15 ans que cela tient ici et ce ne sont pas des mémères qui vont me remettre en question" - la connotation misogyne est manifeste.

Puis il se lève, attrape le bord de la table devant lui et se dresse, menaçant.
Tout cela est si rapide, si brutal, si bête que nous avons du mal à réaliser.


Quelques personnes trouvent le comportement de M.K. abusif, mais beaucoup sont comme interdites, sidérées. Une femme blonde nous sourit avec solidarité.


Je m'avance vers lui, très calme et lui dit "vous savez que vous avez un comportement fascisant là tout de suite ? "
Il répond ( j'espérais naïvement des excuses, une prise de conscience) : "eh bien en l’occurrence je l'assume ! "

 

Nous, les trois femmes assignées à exclusion, nous nous sommes rapprochées les unes de autres, à la fois indignées et résolues à ne pas nous laisser faire, et aussi à sortir respirer, parler, manifester ainsi un désaccord profond devant ce comportement abusif.
Il nous dit encore : « dégagez, dégagez !!! »

Nous partons toutes trois... atterrées... nous allons boire un verre et discuter enfin... La seule chose heureuse pour nous a été cette rencontre avec une femme intelligente et lucide... J'apprends par Zolan que d'autres ont déjà souffert des excès, du mépris et des carences de M.K. .. et que quelques uns pensent à créer un nouveau lieu...

 

Le réel de cette situation était pire qu’il n’apparait dans mon récit, la haine plus virulente, les propos de M. K. et le silence de certains plus dangereux...
Ce qui m'inquiète beaucoup c'est la légitimité dans laquelle ce petit chef se tient, qu'est-ce qui lui permet d'insulter, de faire "dégager" des personnes qui viennent s’exprimer dans un lieu de liberté ? Un lieu démocratique ? Un café philo ouvert dans une salle municipale ? Pour virer celles qui n'ont en rien dérangé les règles de vie, de convivialité, d'attention nécessaires à l'exercice d'un café philo ?

Qu'est-ce qui autorise ce type de comportement ? La haine était si flagrante - sa mise en actes par nos exclusions reflétait bien les enjeux de M.K.. - interdire d'autres formes, d'autres manifestations de la pensée... que  la sienne.

 

        J’appris que cet abus de pouvoir s’était déjà annoncé par des d’autres paroles discriminatoires lors d’autres séances : d’après M.K. il y aurait « une              religion supérieure » et « notre civilisation aurait le droit de donner des leçons au reste de l’humanité ».

 

Si nous sommes parties c'est pour ne pas avoir à le supporter davantage, pour ne pas gâcher notre journée, pour ne pas nous énerver, certainement pas pour accepter l'injonction, ni obéir, certainement pas pour nous taire et laisser faire... C'est pourquoi nous vous écrivons aujourd'hui. Nous espérons en votre réactivité, non pas pour interdire mais pour défendre ce que café philo veut dire, pour la liberté d'être et de pensée... pour questionner des règles, des idées dans une Europe où des lois d'Etat discriminatoires renforcent et légitiment trop souvent, dans les médias et ailleurs, les tentations d'affirmer des discriminations jalouses comme normes trop banales.

Peut-on parler alors d’un café philo à Trouville ?

Ou bien s’agit-il d’un lieu de manipulation, d'endoctrinement ?  Je ne parle pas là de l'influence que chacunE d'entre nous peut exercer, volontairement ou inconsciemment, du fait même  de son univers personnel, de ses horizons poétiques et politiques, de ses connaissances... Je parle bien d'endoctrinement puisque en lieu et place de réflexion, de paroles partagées, d'écoute et de références, c'est par la négation de la parole, de l'autre, de l'apport de cultures différentes, de questionnement que le petit maître à penser de Trouville fabrique son discours et ses interventions en interdisant explicitement d’une manière que nous pourrions qualifier sans excès de xénophobe, de peur des étrangères, de  tout ce qu’il appelle « chemin de traverse ».

Les montées d'extrême droite en Europe loin d'être un fantasme se trouvent confirmées par des élections, des milices, des lois, des discours, des actes. Le danger est réel malgré les protestations et les actes de beaucoup de citoyenNes, d'associations,  de  magistratEs et d'avocatEs et même de la cour européenne. Il y a donc lieu d’être vigilantEs partout où nous sommes.
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La pensée arrêtée

A la séance suivante l’animateur du café philo présenta une sorte de justification de son attitude, disant qu’il avait du mal à supporter que les participants ne suivent pas le cours de la démarche qu’il avait imaginée, sans toutefois présenter d’excuses aux personnes si violemment mises en cause et exclues.

Toujours décidée à œuvrer pour une libre circulation de la parole en ce lieu public (les locaux sont en effet prêtés par la mairie), je reviens pour une nouvelle séance après avoir longuement discuté avec des amis trouvillais, membres de l’association du café philo, absents la fois précédente.

Cette fois ci, le thème choisi par l’animateur était « pourquoi la culture ?». Après son exposé principalement appuyé sur des notions kantiennes, la discussion s’engage sans qu’aucune définition du concept de culture n’ait été proposée. Enseignante en philosophie je sais que l’absence de définition du concept dont on parle entraine un certain flou, ce qui ne manqua pas de se produire.

Après quelques échanges, une participante intervint pour évoquer ce qui pour elle dénotait un manque de culture : le fait que des jeunes et des moins jeunes prennent souvent l’attitude qui consiste à dire « moi, je veux et ce que pensent les autres m’importe peu ». L’animateur alors se permet de l'interrompre en disant d’un ton cassant que cela n’avait aucun rapport avec le sujet. Je laisse passer quelques minutes puis interviens pour reprendre cette parole abandonnée, essayant de faire le lien entre la culture en tant que mémoire commune et la volonté de toute-puissance que cette femme évoquait à propos de certains adolescents.

L’enfer se déchaine alors, je me fais traiter de provocatrice. Rouge et quasi hurlant, le monsieur déclare «  vous venez ici pour prendre ma place, d’ailleurs je l’ai bien vu lorsque votre amie a  eu la même attitude à mon égard la dernière fois ». Quelques remous dans la salle ne l’empêchent pas de continuer sa diatribe et de vouloir, une fois encore, clore la séance.

Les participants (nous étions une vingtaine)  n’obtempèrent pas, la discussion reprend. En retrait pendant quelques minutes, M. clôt la tentative d’un autre participant qui remettait en cause la supposée supériorité de « notre culture » sur toutes les autres, arguant cette fois du « bon sens » pour étouffer toute velléité de discussion.

Puis il se tourne vers moi soudainement «  Madame, défendez-vous donc l’anthropophagie comme valeur culturelle ? ». Ne me sentant pas concernée par ses projections racistes, je ne réponds pas à son injonction et me contente de sourire.

Ne se sentant pas assez soutenu, il tire alors ses dernières cartouches, prétendant instaurer une règle selon laquelle n’auraient le droit de parler que ceux qui seraient membres de l’association et que par ailleurs, on pourrait exclure (à tour de bras sans doute) ceux et celles qui seraient des « provocateurs ».

Cette petite scène appelle plusieurs commentaires :

Oui la discussion philosophique est une provocation, un appel à penser.

Non, les café philo ne sont pas les basses cours de petits coqs  mais des lieux de parole et de réflexion où chacun apporte sa contribution, si modeste soit-elle..

Non, le bon sens de certains ne fait pas loi contre la pensée des autres

Oui, il serait bon d’ouvrir un lieu de pensée à Trouville.

 

 

 

  le silence
Brigitte Fontaine et Areski

 

 

Ines de Luna (Montreuil) Zolan’gono (Trouville)

 

« ...Ensuite, et c’est l’essentiel, tous les sujets sont susceptibles d’être traités de manière philosophique. La philosophie ne tient pas à ses sujets. Ce n’est pas une « matière » à enseigner ni un champ à cultiver, c’est un état d’esprit, une manière de faire usage de son intellect. Le philosophe n’a pas d’objet propre. Il part des idées reçues, des opinions du sens commun, des idéologies dominantes, des révélations religieuses, des réponses données par la science pour les soumettre à l’examen. Tout est donc objet de sa réflexion. Le néophyte n’a nul besoin de se faire une montagne des sujets propres à cette discipline. Il n’y en a pas. Il n’y a pas de spécificité de l’objet de la philosophie : philosopher c’est mettre en question, au sens banal de l’expression, ce qui est déjà là comme réponse et qui, de fait, ne convient pas. » (Marc Sautet Un café pour Socrate (Robert Laffont, 1995) p. 35) http://www.cafe-philo-des-phares.info/index.php?option=com_content&task=view&id=159&Itemid=37

« L’esprit qui règne dans un café-philo est celui de tolérance, d’ouverture et de pluralisme, ce qui en fait une pratique propre à des sociétés démocratiques. Le fondateur Marc Sautet tenait à ce que la philosophie reprenne sa place au milieu des débats de la société contemporaine, comme instrument de pensée critique et de liberté, favorisant la vigilance et la lucidité chez des citoyens responsables. » «http://fr.wikipedia.org/wiki/Caf%C3%A9_philosophique

   

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 22:53

 

 

10-copie-1

 

 

IMGP6936

La Baraka, un projet de vie et non de survie 

 


Des ateliers de femmes, impulsés par des femmes, des  filles, Rromes et filles d'immigrées, étudiantes étrangères, françaises et d'autres, hétéros et lesbiennes, mamans et d'autres, toutes combattantes pour la liberté et contre l'injustice sociale :  nous sommes là pour des échanges de savoir, pour nos rêves communs, nos rencontres, nos différences culturelles, des liens de vie et de mémoire, pour aujourd'hui et demain

 

Plus de charité ici non plus, plus de police, comme les Tunisiens de Lampedusa l'ont dit clairement,

les  Rroms de la Baraka veulent aussi pouvoir s'organiser, vivre, agir, être libres..

Des ateliers ont lieu, mis en place dans la lutte, en se rencontrant, en ouvrant ce lieu ensemble, peinture, paroles, impros danses et théâtre, nous dire, nous raconter, nous comprendre,  en Romani, en Français, en Espagnol, d'où nous venons, dessiner la carte de la Roumanie, de l'Espagne, de France, du Maroc, les villes, les villages, se raconter nos parents...

 

 

Au 163 rue des Pyrénées, les familles ont ouvert ce lieu avec un collectif dit de la Baraka, informel, avec des assosiations, voix des Rroms, téléliberté, et des gens, des autres, dont une de prisedepensée...

 

La Baraka, ce qui a pallié à l’urgence. La Baraka, la chance, la maison...


Désormais nous sommes dans la perspective d’ouverture du lieu aux volontés qui désireraient partager des savoirs et savoirs-faire. Cela pourrait se traduire par l’animation d’ateliers sur place mais également à des propositions de formation, de stages à l’extérieur de la Baraka, afin de briser la ghettoïsation qu’engendre le fait de se cacher pour survivre et non vivre.

La Baraka est un lieu d’habitation dont les occupant-e-s doivent pouvoir selon leurs besoins et leurs envies participer à la vie locale. Ils entendent bénéficier de projets déjà en place et aussi de l’espace, afin de mettre en place leurs projets et de les partager avec les autres parisien-ne-s.

Rappelons que la pérennité du lieu n’est en rien acquise et que nous sommes sous l’effet d’une procédure judiciaire intentée par la mairie de Paris propriétaire des lieux, laquelle, est supposée protéger pour l’instant de l’arbitraire d’une éventuelle expulsion de la part de la Préfecture. Mais aucune proposition de relogement ou de pérennité du lieu n’a clairement été abordée ni par la mairie du 20ème ni par la ville de Paris.

 

gaby commissariat manif 4 septembre - 93

 

 

et que vive la Baraka ! 

 

 

La Baraka est assignée au tribunal du vingtième arrondissement, le 16 juin (report du 28 avril).
Malgré la vie qui a pris ses droits, après des mois d'hiver à la rue, malgré les talents de conteuses, de cuisinières, d'architectes de l'intérieurr, malgré leurs savoirs et leur écoute, malgré la scolarisation des enfants et des ateliers, malgré la fête et des solidarités, malgré les démarches vers le travail, les administrations....

La FÊTE DE LA BARAKA, dite Maison des rroms, au 163 rue des Pyrénées dans le 20ème a été chaleureuse, attentive, tissées plus de rencontres que d'événements festifs... Plus de cent personnes sont venues, et sont restées des heures...

Les familles ont préparé de bonnes choses à manger, dressé une grande table dans la cour...

Le film de Tony Gatlif, Liberté, a été projeté.

Liberté nous plonge dans l’histoire du peuple rrom, ce peuple méconnu et tellement limité dans sa liberté de mouvement, son autonomie ; ce peuple constamment contrôlé, entravé, surveillé, fiché jusqu’à être interné dans des camps français et en Europe dès avant-guerre, en 1939 et jusqu’en 1946, soit plus d’un an après la Libération. Ils ont connu les camps de concentration et aussi les camps d'extermination réservés aux Juifs et aux tsiganes par le système nazi.


Une présentaion par Saimir de la voix des Rroms, de l'histoire, du présent, a été suivie d'un court débat. Les conversations se sont poursuivies en mangeant, bivant, sous la grande halle...Les musiciens professionnels nous ont lâché... Nous avons improvisé sans eux...

 

 

Pour son procès, au tribunal du vingtième arrondissement le le 16 juin La Baraka aussi aura besoin de tous les soutiens.

Compte tenu du peu de constance avec laquelle la mairie de Paris a soutenu les Tunisiens de Lampedusa... et bien d'autres expulsions en France de ressortissants étrangers, européens ou non... et es expulsions de squats et autres habitations différentes en France depuis des années et plus fortement depuis l'été 2010.... 

 

A la Baraka ce sont 100 personnes environ qui vivent pour ne pas être à la rue, un collectif fait de petits collectifs, de familles essentiellment, de tous âges, deux bébés vont naître, plusieurs ont quelques mois, il y a beaucoup de jeunes enfants, ados, filles, femmes, hommes, et vieilles et vieux...

 

Ils viennent de Roumanie où aucune possibilité de travail, de sociabilité parfois même ne leur est possible... villages éloignés, villages Rroms séparés des autres villages... Peu de moyens, voire aucun...

Les inondations de l'an passé, les politiques et une économie draconiennes, le racisme de fait, celui qui exclut....


 Aujourd’hui, les Rroms de la Baraka, comme leurs compatriotes, comme les étrangerEs, les migrantEs, en exil ou en recherche de travil, ont un accès en France plus que limité au travail (ceseda)1 et aux droits sociaux en France aussi. Ils sont chassés des terrains et squats qu’ils occupent en famille et jusque des trottoirs et des parcs publics où ils se réfugient. Ouvrir des lieux inutilisés et propriétés bien souvent des municipalités devient un délit, comme cela s’est passé cet hiver à Montreuil.

Les préfectures, notamment celle du 93, interdisent de fait leur territoire et les ministres intentent des procès pour outrage lorsque des citoyens s’expriment sur cette histoire qui se répète en traitant le Préfet Lambert de « véritable Papon de notre époque » et en dénonçant cette trop réelle « politique ultra-raciste ».

 

femmes manif commissariat10

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 18:48

banderolle

 

Après 4 jours d’occupation d’un immeuble appartenant à la Mairie de Paris, au 51 rue Simon Bolivar, 140 migrants tunisiens, très jeunes pour la plupart, ont été violemment expulsés le 5 mai dans l’après-midi

Les images qui suivent sont celles d'un des rassemblements qui ont suivi, devant le commissariat de Gambetta où militantEs, amiEs, TunisienNEs, assosiations et solidaires "individuels", des peuples de France et d'ailleurs sont venus témoigner et protester contre cette expulsion illégale et violente....

 

 

 

Cette expulsion, comme les rafles qui l’ont précédé la semaine dernière à Stalingrad et à la Villette, relèvent d’un acharnement sur ces migrants. Pour preuve la mise en scène sécuritaire de hier après midi : CRS en pagaille, cars dans toutes les rues voisines, hélicoptère, expulsion en plein après-midi, journalistes prévenus à l’avance.

Dans le cadre de son offensive raciste, le gouvernement veut faire croire que les processus révolutionnaires du monde arabe déboucheraient sur une invasion d’immigrés, alors que ces mouvements historiques révèlent une aspiration à la démocratie et à la justice sociale.

 

 

Samedi 7 Mai a eu lieu l’audience devant le Juge des Libertés et de la Détention à :

- 9h au TGI de Paris pour les 5 de Vincennes ( métro :cité ou châtelet )

- à 9h30 au tribunal de Meaux pour les 7 du Mesnil-Amelot.( adresse du tribunal : 44 avenue Prés Salvador Allende 77109 MEAUX

  car sans papiers

Lettre du Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris au maire de Paris

Lettre à l’attention du maire de Paris

 

Après nos salutations et notre remerciement pour ce qu’il y a eu de votre part de soutien et d’accueil des Tunisiens venus de Lampedusa à Paris, entre autre les matraques et les insultes de la part de la police. Monsieur le maire de Paris, nous les tunisiens venus de Lampedusa et que vous décrivez comme des immigrés illégitimes, mais monsieur, nous vous informons que s’il n’y avait pas la situation misérable en Tunisie, nous n’aurions pas quitté notre pays et nous ne nous serions pas jetés dans la mer et ceci est une preuve irréfutable de notre mobilisation pour résoudre notre situation sociale et humaine particulière, avec le soutien de tous les pays du monde aussi bien les pays européens et arabes. Mais pour notre plus grand regret, la manière dont la France nous a accueillis ne prouve pas qu’elle est le pays des droits et des libertés, et la plus grande preuve de ça, est l’attitude de la police le jour où ils sont venus au 51 avenue Simon Bolivar et les arrestations d’environ 150 personnes, entre autre des camarades français qui nous ont sauvé de la faim et du froid contrairement à ce qui a été dit dans votre communiqué de presse contre ces français. Mais nous n’avons pas besoin de leurs idées pour prendre nos décisions par nous-mêmes et la plus grande preuve de ça est notre révolution bénie. Et pour finir nous vous prions de comprendre notre situation et d’accepter notre estime et notre respect. Nos salutations Les Tunisiens de Lampedusa à Paris.

 

رسالة إلى السيد رئيس بلدية باريس

 

بعد تحية شكر و تقدير على ما صدر من سيادتكم من ترحيب و تقدير للتونسيين القادمين من لمبادوزة نحو باريس بما في ذلك من ضرب و شتم من طرف البولس.

سيادة رئيس بلدية باريس، نحن التونسيون القادمون من لمبادوزة و اللذين تصفونهم بالمهاجرين غير الشرعيين لكن سيدي نعلمكم أنّ لولا الوضع المزري في البلاد التونسيّة لما قدمنا منها و رمينا بأنفسنا في عرض البحر و هذا دليل قاطع على صمودنا من أجل تسوية وضعيّتنا الإجتماعيّة و الإنسانيّة الإستثنائيّة بمساندة جميع بلدان العالم بما فيها الأوروبيّة و العربيّة.

و لكن، للأسف الشديد إستقبلتنا فرنسا إستقبالا لا يدل على أنّها بلد الحقوق و الحريات و أكبر دليل على ذلك الذي صدر من البوليس يوم جاء إلى العمارة المتواجدة بشارع سيمون بوليفار و اعتقال ما يقارب 150 شخص بما فيهم أخوة فرنسيون و لولاهم لمتنا من الجوع و البرد على عكس ما ذكر في بيانكم الصحفي من تعارض على هذه الفئة من الفرنسيين لكن نحن في غنى عن أفكارهم نحن التونسيون عندما نقرّر بأنفسنا و أكبر دليل على ذلك ثورتنا المباركة.

و في الختام نرجوا منكم تفهم وضعيتنا و تقبلوا منّا فائق التّقدير و الإحترام.

و السلام

.تونسيي لمبادوزة بباريس

 

 

Lettera all’attenzione del sindaco di Parigi.

 

Prima di tutto i nostri saluti e il nostro ringraziamento per quello che è stato da parte vostra il sostegno e l’accoglienza dei Tunisini venuti da Lampedusa a Parigi, tra l’altro quello che è venuto dai manganelli e dagli insulti della polizia. Signor Sindaco di Parigi, noi i tunisini venuti da Lampedusa e che voi descrivete come degli immigrati illegittimi, ma signore, noi vi informiamo che se non ci fosse la situazione miserabile che c’è in Tunisia, noi non avremmo lasciato il nostro paese e non ci saremmo gettati in mare e questa è una prova inconfutabile della nostra mobilitazione per risolvere la nostra situazione sociale e umana particolare con il sostegno di tutti i paesi del mondo come dei paesi europei e arabi. Ma con nostro grande rimorso, la maniera con la quale la Francia ci ha accolti non da prova che si tratti del paese dei diritti e delle libertà, e la più grande prova di questo, è l’atteggiamento della polizia il giorno in cui sono venuti al 51 di Avenue Simon Bolivar e l’arresto di circa 150 persone tra cui dei compagni francesi che ci hanno salvati dalla fame e dal freddo contrariamente a quello che è stato detto nel vostro comunicato stampa contro questi francesi. Ma noi non abbiamo bisogno delle loro idee per prendere le nostre decisioni noi stessi e la più grande prova di questo è la nostra benedetta rivoluzione. Per finire vi preghiamo di comprendere la nostra situazione e di accettare la nostra stima e il nostro rispetto. I nostri saluti, I Tunisini di Lampedusa a Parigi.

 

 

voix solidaires

 

 

 

ni-police.jpg

D'autres sans papiers Tunisiens occupent un gymnase rue de la Fontaine au Roi 


16h35

Les sans papiers Tunisiens occupent un gymnase rue de la Fontaine au Roi et ils appellent à les rejoindre.

 

Gymnase de la Fontaine-au-Roi, 100 rue de la Fontaine-au-Roi, Paris 11e, Métro Couronnes ou Belleville.

 

Merci de prévenir par un sms tous ceux susceptibles de venir et de faire venir du monde

 

Rassemblement à 18h sur place.

 

17h09

Il y a un attroupement devant le gymnase où se tient un tournoi de tennis jusqu’à 18h30. Les frappeurs de baballe ont déclaré, dans leur grande mansuétude (!), que l’occupation ne leur posait pas de problème et qu’ils laissaient la place dès qu’ils avaient terminé ...

 

Une banderole est déployée avec un texte en arabe et en français : "ni policiers, ni charité, un lieu pour s’organiser".

 

Quatre agents de la sécurité de la mairie de Paris sont sur les lieux.

 

17h14

Exceptionnel ! Delanoë n’a toujours pas envoyé ses CRS !

 

17h31

La banderole est déployée.

 

Ce gymnase est situé dans un quartier populaire et de nombreux passants s’arrêtent et soutiennent les occupants.De nombreux soutiens sont devant le bâtiment.

 

Le responsable du gymnase a dit aux flics que tout se passait bien. Ceux-ci ont répondu qu’ils avaient prévenu la mairie. Un de ses responsables est attendu bientôt. Les occupants auront particulièrement besoin de soutien à ce moment-là.

 

18h28

Emmanuel Grégoire, chef de cabinet du maire de Paris est arrivé et discute avec trois sans papiers délégués.

 

Présence policière : quatre policiers nationaux et quatre de la ville de Paris.

 

18h44

Emmanuel Grégoire et Laurence Lefèvre, directrice de la jeunesse et sports de la ville de Paris, discutent avec trois sans-papiers délégués de la situation.

 

La Mairie a dit qu’elle faisait tout son possible pour les aider contrairement à l’Etat, ajoutant qu’à Bolivar il y avait des problèmes de sécurité. Là, on peut négocier.

 

Les envoyés de Delanoë demandent un accès pour les agents de sécurité et de la jeunesse et des sports. Ils veulent bien aménager quelque chose mais dans les règles : il est interdit de fumer et boire. Et pour faire la cuisine ? Grégoire a répondu que la Mairie allait voir. A la question de savoir combien ils sont : les occupants ont répondu qu’ils étaient nombreux, beaucoup plus de cinquante. La Mairie a prétendu ne pas avoir de lieu pour accueillir autant de gens ; il lui a été répondu : "il faut trouver une solution".

 

Merci de venir montrer votre solidarité et d’apporter des produits de première nécessité : nourriture, vêtements, produits d’hygiène, etc.

 

La présence policière est inchangée.

 

19h15

La mairie pose comme condition que l’occupation soit limitée à 150 personnes présentes dans les locaux quelques jours le temps de trouver une solution de logement.

 

L’assemblée des occupants se réunit pour en discuter. Le risque que les propositions de la mairie divisent les occupants, comme avenue Simon Bolivar est plusieurs fois évoqué.

 

20h15

L’assemblée est terminée. Les Tunisiens ont décidé de rester.

 

La police appelle le quartier général pour indiquer que les sans papiers sont soutenus par des "anarchistes".

 

Un élu du PCF, Jean Mermoz, est présent avec la délégation municipale qui affirme que les sans papiers pourront "rester tranquille" cette nuit. Delanoë s’est engagé à ce qu’il n’y ait pas d’intervention policière. Le directeur du gymnase et un autre employé municipal passeront la nuit sur place. Bolivar n’était, parait-il, pas assez équipé pour l’incendie, mais ici on ne peut pas fumer.

 

La Ville assure qu’elle va cette fois approvisionner en nourriture les occupants, sans doute demain par le truchement de l’association Aurore, et qu’elle proposera des solutions d’hébergement.

 

Les Tunisiens sortis nombreux du gymnase expliquant aux représentants de la Ville que si ce gymnase est trop petit, celle-ci peut leur en proposer un autre.

 

Un certain nombre de personnes "à papiers" ont rejoint le gymnase.

 

20h45

On apprend que sur 7 sans papiers enfermés au centre de rétention de Mesnil Amelot qui sont passés en audience à Meaux, 6 sont libérés, le maintenu en rétention fait appel.

 

 

 simon bolivar

 

 

à suivre...

sources

le collectif des Tunisiens de Lampedusa

Indymedia 

dessins de Sylvie Mélis photos de Loulou dans voix solidaires

Prises de pensée et d'autres d'ailleurs  images film  et info

 

bolivar

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