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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 12:31

article de 2013 de Zolan des Lutheuses de Rrue très adapté à 2016 -

Sarkosy et Hollande partagent le même triste privilège de  compter sur a guerre contre les plus pauvres

la traque aux réfugié.e.s, aux à la rue, aux Rroms démunis ou assimilés à continue

 

à Montreuil aujourd'hui le quartier centre-ville  organise une réunion sur "les sdf et la mendicité", tandis que 13 familles roms dorment dehors sur la place de la mairie depuis 3 mois et demi, et que les enfants tombent malades....

article de 2013

Ca n’indigne pas trop, des enfants réveillés par des hommes en uniforme, casqués, armés, appuyés par une armée de pelleteuses, des enfants dont on brise les jouets, des femmes et des hommes traités comme un paysan ne traiterait pas son bétail, non, cela n’indigne pas trop, pas assez, on entend les radios, les télés, on lit les journaux et à chaque fois c’est la même neutralité, parfois bienveillante, souvent malveillante qui présente les faits sans percevoir ce qui est entrain de se passer et qui concerne la vie d’un peuple européen, les Rroms, en Europe, ici en France particulièrement depuis le discours de Grenoble. L’indignation, d’ailleurs ne mène pas loin, c’est pourtant le moteur d’une action possible

Le silence pèse sur l’engagement solidaire de nombreuses associations et personnes Rroms ou autres sauf pour un coup d'audience fugitif. Et les images qui sont montrées construisent un univers Rrom où les « vraies » personnes Rroms sont invisibilisées par trop de visibilité amalgamante.

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La couverture médiatique des faits concernant les Rroms devrait alerter davantage, qu’est-ce donc qui est « couvert » ?

Ce qui est le plus souvent présenté aux auditeurEs, aux lecteurEs, aux telespectateurEs est une vision déformante et déformée d’une situation où ceux que l’on maltraite (maltraitance législative, privation des droits humains les plus élémentaires…) sont d’abord désignés coupables par un discours médiatico-politique qui produit une représentation répétitive où les personnes sont annulées : la misère devient l’essence d’un peuple, tendant à imposer l’idée que l’on ne peut rien faire. Les contraintes qui leur sont imposées par nos lois et réglementations, par notre mode vie ne sont jamais analysées, il est plus facile de croire qu’au fond, « ces gens là choisissent de vivre comme ça… »

Ainsi le discours modèle des élus qui « comprennent » le « ras-le-bol » des riverains des campements Rroms et ne prennent aucune mesure simple pour aménager puis modifier la condition matérielle des personnes confinées dans ces campements d’infortune. D’ailleurs, on entend de toute part les bonnes âmes s’élever contre le manque d’hygiène régnant dans les campements, souligner l’inconfort imposé aux riverains, les tentacules de toutes les maffias, bref une indignation-cliché dans laquelle les ‘vraies’ personnes sont reléguées dans l’exclusion sociale[1]. Ce discours répétitif, asséné avec condescendance n’est nullement entamé par le rappel de la situation réelle qui règne dans ces lieux  en cet hiver 2013.

Pour certains élus, les Rroms deviennent une variable d’ajustement pour remporter les législatives.

 

On agite les étendards de l’intégration assortie de mesures discriminatoires et de fichage généralisé. Avant d’intégrer il est préférable, crise ou pas, de savoir accueillir.

Les bureaucraties de la désignation destructrice, tatouage médiatique stigmatisant les membres pauvres de la société humaine, ceux qu’elle constitue en cibles, érige en déchets.

Les liens humains, sociaux ont été appauvris au fil du capitalisme au profit d’un lien médiatico-virtuel régi par des intérêts financiers qui imposent leurs nécessités et qui ont depuis belle lurette transformé l’humain en matériel.

Ce lien médiatico-virtuel s’il permet un processus d’essentialisation destructrice peut- être pourrait-il être utilisé pour en stopper ou en atténuer les effets ?

Le traitement actuellement infligé aux Rroms en Europe est alarmant quant à la logique qui semble y présider : la liquidation des "déchets ethniques". Ce type de processus s’est déjà produit dans l’histoire telle qu’elle est racontée à l'école de la République  et nous l’avons vu à l’œuvre dans un passé suffisamment proche pour que des témoins en attestent encore aujourd’hui. Dans une période dite de "crise" où les citoyens sédentaires sont systématiquement appauvris, il est utile d’avoir un bouc émissaire que l’on pourra sacrifier le moment venu.

 

Refuser ce processus qu’est-ce donc ? Refuser de participer à la déchettisation d’un peuple, c’est comment ?

 

Il nous semble que tout cela peut se mesurer à l’aune de l’audience de certaines figures dans les médias. CertainEs acteurEs médiatiques ont certainement commencé à poser les bonnes questions lors de débats ou d’entretiens avec des représentants de la communauté Rrom. L’urgence impose que la parole soit plus forte pour corriger un peu l’image qui est renvoyée aux français. Cela pourrait se faire en évoquant des expériences abouties, des propositions de familles Rrom. Il faudrait inciter à écouter, à regarder davantage les personnes non médiatisées de ce peuple, histoire de ne pas nous rejouer la mélodie de l’exception : « Je suis pas raciste, j’adore Django Reinhardt et Tony Gattliff »…

Cela peut se mesurer également à l’aune de la générosité solidaire. Tel promeut la culture de ce peuple en produisant un dictionnaire, tel autre met à la disposition de familles un terrain qu’il posséde…

 

Une parole plus forte qui propose un décryptage des processus à l’œuvre. En est-il encore temps et qui pourrait s’engager à participer à cette action de prévention d’un massacre annoncé ?

 

Il est important de favoriser la solidarité entre les différentes catégories de déchets désignés, les travailleurs licenciés, appauvris, les « vieux » « les jeunes des banlieues »,… chacunE de vous peut alimenter la liste. Mais répétons le, aujourd’hui il faut tenter de stopper le processus de déchettisation ethnique appliqué aux Rroms.

Nous savons que ce processus de désignation d’un peuple comme bouc émissaire n’épargne que les bourreaux tant qu’ils sont au pouvoir. Nous savons également comment cela peut finir.  

 

Quant à la réalité quotidienne vécue dans les campements quand ces derniers sont écrasés par les pelleteuses de la force publique, ne serait-il pas urgent de collecter les expériences réussies par les Rroms, travaillant avec des membres d’association, certains travailleurs sociaux, certains élus, non pour dresser un palmarès mais pour appliquer les dispositifs qui fonctionnent dans l’urgence de la vie.

 

 

processus d’essentialisation destructrice

 

Il s’exerce sur l’opinion publique par le biais des médias.

Il consiste à désigner un groupe de personnes en lui accordant une « nature » essentielle qui gomme les personnes et les liens qu’elles entretiennent au sein du groupe auquel elles appartiennent.

Parler de « La Femme », de « l’Homme Africain », des « Rroms » ou de tout autre sous-ensemble de l’humanité, en leur accordant des caractéristiques essentielles que l’on a construites de toutes pièces c’est un des ingrédients de ce que l’on nomme racisme.

Le processus a beau être connu, analysé, il n’en demeure pas moins qu’il est vivace en ce moment.

Voir que les ‘vrais gens’ qui sont amalgamés en opinion publique commencent à donner des signes inquiétants de réaction à ces désinformations et à ce bourrage de crane médiatique : A Marseille, à Lille, des pauvres s’en prennent à plus pauvres qu’eux et d’abord à ceux qu’on leur désigne.

 

 

[1] A force de répéter que, privés d’une hygiène minimale due à tout être humain, les Rroms sont sales, que, privés légalement de travail décent, les Rroms sont voleurs, l’opinion publique se déchaine en toute « légitimité » républicaine …

 

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Published by Lutheuses de Rrue prisesdepensee - Lutheuses de Rrue - - dans Lutheuses de Rrue
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commentaires

Tieri B. 27/02/2013 18:25


L'analyse est juste. Le racisme se construit sûrement ainsi, dans l'accumulation d'un type de discours et de quelques images. Et nous sommes trop peu nombreux à tenter de contrer ce
processus. 


 

Zolan 28/02/2013 11:43



Je crois que nous sommes plus nombreux que nous ne le pensons, enfin j'espère !


Zolan