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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 17:48

banderolle

 

Après 4 jours d’occupation d’un immeuble appartenant à la Mairie de Paris, au 51 rue Simon Bolivar, 140 migrants tunisiens, très jeunes pour la plupart, ont été violemment expulsés le 5 mai dans l’après-midi

Les images qui suivent sont celles d'un des rassemblements qui ont suivi, devant le commissariat de Gambetta où militantEs, amiEs, TunisienNEs, assosiations et solidaires "individuels", des peuples de France et d'ailleurs sont venus témoigner et protester contre cette expulsion illégale et violente....

 

 

 

Cette expulsion, comme les rafles qui l’ont précédé la semaine dernière à Stalingrad et à la Villette, relèvent d’un acharnement sur ces migrants. Pour preuve la mise en scène sécuritaire de hier après midi : CRS en pagaille, cars dans toutes les rues voisines, hélicoptère, expulsion en plein après-midi, journalistes prévenus à l’avance.

Dans le cadre de son offensive raciste, le gouvernement veut faire croire que les processus révolutionnaires du monde arabe déboucheraient sur une invasion d’immigrés, alors que ces mouvements historiques révèlent une aspiration à la démocratie et à la justice sociale.

 

 

Samedi 7 Mai a eu lieu l’audience devant le Juge des Libertés et de la Détention à :

- 9h au TGI de Paris pour les 5 de Vincennes ( métro :cité ou châtelet )

- à 9h30 au tribunal de Meaux pour les 7 du Mesnil-Amelot.( adresse du tribunal : 44 avenue Prés Salvador Allende 77109 MEAUX

  car sans papiers

Lettre du Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris au maire de Paris

Lettre à l’attention du maire de Paris

 

Après nos salutations et notre remerciement pour ce qu’il y a eu de votre part de soutien et d’accueil des Tunisiens venus de Lampedusa à Paris, entre autre les matraques et les insultes de la part de la police. Monsieur le maire de Paris, nous les tunisiens venus de Lampedusa et que vous décrivez comme des immigrés illégitimes, mais monsieur, nous vous informons que s’il n’y avait pas la situation misérable en Tunisie, nous n’aurions pas quitté notre pays et nous ne nous serions pas jetés dans la mer et ceci est une preuve irréfutable de notre mobilisation pour résoudre notre situation sociale et humaine particulière, avec le soutien de tous les pays du monde aussi bien les pays européens et arabes. Mais pour notre plus grand regret, la manière dont la France nous a accueillis ne prouve pas qu’elle est le pays des droits et des libertés, et la plus grande preuve de ça, est l’attitude de la police le jour où ils sont venus au 51 avenue Simon Bolivar et les arrestations d’environ 150 personnes, entre autre des camarades français qui nous ont sauvé de la faim et du froid contrairement à ce qui a été dit dans votre communiqué de presse contre ces français. Mais nous n’avons pas besoin de leurs idées pour prendre nos décisions par nous-mêmes et la plus grande preuve de ça est notre révolution bénie. Et pour finir nous vous prions de comprendre notre situation et d’accepter notre estime et notre respect. Nos salutations Les Tunisiens de Lampedusa à Paris.

 

رسالة إلى السيد رئيس بلدية باريس

 

بعد تحية شكر و تقدير على ما صدر من سيادتكم من ترحيب و تقدير للتونسيين القادمين من لمبادوزة نحو باريس بما في ذلك من ضرب و شتم من طرف البولس.

سيادة رئيس بلدية باريس، نحن التونسيون القادمون من لمبادوزة و اللذين تصفونهم بالمهاجرين غير الشرعيين لكن سيدي نعلمكم أنّ لولا الوضع المزري في البلاد التونسيّة لما قدمنا منها و رمينا بأنفسنا في عرض البحر و هذا دليل قاطع على صمودنا من أجل تسوية وضعيّتنا الإجتماعيّة و الإنسانيّة الإستثنائيّة بمساندة جميع بلدان العالم بما فيها الأوروبيّة و العربيّة.

و لكن، للأسف الشديد إستقبلتنا فرنسا إستقبالا لا يدل على أنّها بلد الحقوق و الحريات و أكبر دليل على ذلك الذي صدر من البوليس يوم جاء إلى العمارة المتواجدة بشارع سيمون بوليفار و اعتقال ما يقارب 150 شخص بما فيهم أخوة فرنسيون و لولاهم لمتنا من الجوع و البرد على عكس ما ذكر في بيانكم الصحفي من تعارض على هذه الفئة من الفرنسيين لكن نحن في غنى عن أفكارهم نحن التونسيون عندما نقرّر بأنفسنا و أكبر دليل على ذلك ثورتنا المباركة.

و في الختام نرجوا منكم تفهم وضعيتنا و تقبلوا منّا فائق التّقدير و الإحترام.

و السلام

.تونسيي لمبادوزة بباريس

 

 

Lettera all’attenzione del sindaco di Parigi.

 

Prima di tutto i nostri saluti e il nostro ringraziamento per quello che è stato da parte vostra il sostegno e l’accoglienza dei Tunisini venuti da Lampedusa a Parigi, tra l’altro quello che è venuto dai manganelli e dagli insulti della polizia. Signor Sindaco di Parigi, noi i tunisini venuti da Lampedusa e che voi descrivete come degli immigrati illegittimi, ma signore, noi vi informiamo che se non ci fosse la situazione miserabile che c’è in Tunisia, noi non avremmo lasciato il nostro paese e non ci saremmo gettati in mare e questa è una prova inconfutabile della nostra mobilitazione per risolvere la nostra situazione sociale e umana particolare con il sostegno di tutti i paesi del mondo come dei paesi europei e arabi. Ma con nostro grande rimorso, la maniera con la quale la Francia ci ha accolti non da prova che si tratti del paese dei diritti e delle libertà, e la più grande prova di questo, è l’atteggiamento della polizia il giorno in cui sono venuti al 51 di Avenue Simon Bolivar e l’arresto di circa 150 persone tra cui dei compagni francesi che ci hanno salvati dalla fame e dal freddo contrariamente a quello che è stato detto nel vostro comunicato stampa contro questi francesi. Ma noi non abbiamo bisogno delle loro idee per prendere le nostre decisioni noi stessi e la più grande prova di questo è la nostra benedetta rivoluzione. Per finire vi preghiamo di comprendere la nostra situazione e di accettare la nostra stima e il nostro rispetto. I nostri saluti, I Tunisini di Lampedusa a Parigi.

 

 

voix solidaires

 

 

 

ni-police.jpg

D'autres sans papiers Tunisiens occupent un gymnase rue de la Fontaine au Roi 


16h35

Les sans papiers Tunisiens occupent un gymnase rue de la Fontaine au Roi et ils appellent à les rejoindre.

 

Gymnase de la Fontaine-au-Roi, 100 rue de la Fontaine-au-Roi, Paris 11e, Métro Couronnes ou Belleville.

 

Merci de prévenir par un sms tous ceux susceptibles de venir et de faire venir du monde

 

Rassemblement à 18h sur place.

 

17h09

Il y a un attroupement devant le gymnase où se tient un tournoi de tennis jusqu’à 18h30. Les frappeurs de baballe ont déclaré, dans leur grande mansuétude (!), que l’occupation ne leur posait pas de problème et qu’ils laissaient la place dès qu’ils avaient terminé ...

 

Une banderole est déployée avec un texte en arabe et en français : "ni policiers, ni charité, un lieu pour s’organiser".

 

Quatre agents de la sécurité de la mairie de Paris sont sur les lieux.

 

17h14

Exceptionnel ! Delanoë n’a toujours pas envoyé ses CRS !

 

17h31

La banderole est déployée.

 

Ce gymnase est situé dans un quartier populaire et de nombreux passants s’arrêtent et soutiennent les occupants.De nombreux soutiens sont devant le bâtiment.

 

Le responsable du gymnase a dit aux flics que tout se passait bien. Ceux-ci ont répondu qu’ils avaient prévenu la mairie. Un de ses responsables est attendu bientôt. Les occupants auront particulièrement besoin de soutien à ce moment-là.

 

18h28

Emmanuel Grégoire, chef de cabinet du maire de Paris est arrivé et discute avec trois sans papiers délégués.

 

Présence policière : quatre policiers nationaux et quatre de la ville de Paris.

 

18h44

Emmanuel Grégoire et Laurence Lefèvre, directrice de la jeunesse et sports de la ville de Paris, discutent avec trois sans-papiers délégués de la situation.

 

La Mairie a dit qu’elle faisait tout son possible pour les aider contrairement à l’Etat, ajoutant qu’à Bolivar il y avait des problèmes de sécurité. Là, on peut négocier.

 

Les envoyés de Delanoë demandent un accès pour les agents de sécurité et de la jeunesse et des sports. Ils veulent bien aménager quelque chose mais dans les règles : il est interdit de fumer et boire. Et pour faire la cuisine ? Grégoire a répondu que la Mairie allait voir. A la question de savoir combien ils sont : les occupants ont répondu qu’ils étaient nombreux, beaucoup plus de cinquante. La Mairie a prétendu ne pas avoir de lieu pour accueillir autant de gens ; il lui a été répondu : "il faut trouver une solution".

 

Merci de venir montrer votre solidarité et d’apporter des produits de première nécessité : nourriture, vêtements, produits d’hygiène, etc.

 

La présence policière est inchangée.

 

19h15

La mairie pose comme condition que l’occupation soit limitée à 150 personnes présentes dans les locaux quelques jours le temps de trouver une solution de logement.

 

L’assemblée des occupants se réunit pour en discuter. Le risque que les propositions de la mairie divisent les occupants, comme avenue Simon Bolivar est plusieurs fois évoqué.

 

20h15

L’assemblée est terminée. Les Tunisiens ont décidé de rester.

 

La police appelle le quartier général pour indiquer que les sans papiers sont soutenus par des "anarchistes".

 

Un élu du PCF, Jean Mermoz, est présent avec la délégation municipale qui affirme que les sans papiers pourront "rester tranquille" cette nuit. Delanoë s’est engagé à ce qu’il n’y ait pas d’intervention policière. Le directeur du gymnase et un autre employé municipal passeront la nuit sur place. Bolivar n’était, parait-il, pas assez équipé pour l’incendie, mais ici on ne peut pas fumer.

 

La Ville assure qu’elle va cette fois approvisionner en nourriture les occupants, sans doute demain par le truchement de l’association Aurore, et qu’elle proposera des solutions d’hébergement.

 

Les Tunisiens sortis nombreux du gymnase expliquant aux représentants de la Ville que si ce gymnase est trop petit, celle-ci peut leur en proposer un autre.

 

Un certain nombre de personnes "à papiers" ont rejoint le gymnase.

 

20h45

On apprend que sur 7 sans papiers enfermés au centre de rétention de Mesnil Amelot qui sont passés en audience à Meaux, 6 sont libérés, le maintenu en rétention fait appel.

 

 

 simon bolivar

 

 

à suivre...

sources

le collectif des Tunisiens de Lampedusa

Indymedia 

dessins de Sylvie Mélis photos de Loulou dans voix solidaires

Prises de pensée et d'autres d'ailleurs  images film  et info

 

bolivar

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Published by Lutheuses de Rrue prisesdepensee - dans Lutheuses de Rrue
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colporteur 10/05/2011 08:08


Une chronique de l'occupation du gymnase de la rue fontaine au roi, avec les divers textes des Tunisiens sans papiers en lutte :
http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5623