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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 11:22
le ciel bas et lourd...

le ciel bas et lourd...


Encore une expulsion, encore 20 personnes mises à la rue!

Mardi 28 octobre, très tôt le matin, les habitants du 65 bis rue Voltaire (Montreuil) ont été expulsés du bâtiment qu'ils occupaient depuis décembre 2011.

Ces personnes, avec plusieurs centaines d'autres, avaient été expulsées d'une usine désaffectée située rue de Sorins en l'été 2011.

Rappel : La lutte des Sorins s'est poursuivie avec « un camping" d'abord au square République et sur le bas du square des Guilands pendant des longs mois, par des rencontres et actions nombreuses avec d'autres habitant.e.s de Montreuil et d'ailleurs, avec des collectifs partageant ces luttes pour d'autres pratiques et idées que « la ville sécuritaire expulsante ».

Ces mobilisations et luttes ont conduits sur le logement :

- pour les hommes célibataires, dans une ancienne usine désaffectée rue de Papillons – un projet en cours d'un foyer mi-autogéré, mi-financé par préfecture et mairie -

- pour les familles, les femmes, quelques autres hommes célibataires à occuper les locaux de l'ancienne PMI 65 bis rue Voltaire. Ce squat s'est ouvert avec une forte incitation de la mairie, qui n'a jamais assumé politiquement et visiblement, aujourd'hui comme hier, cette forme de « soutien » municipal à l'occupation.

Le 65 bis rue Voltaire appartient à l'archevêché, qui a estimé dès septembre qu'il était temps de récupérer son bien (très conséquent) quitte à laisser à la rue des dizaines de personnes. La rencontre provoquée par des habitant.e.s de Voltaire, et d'ami.e.s solidaires avec le gestionnaire du lieu, avait permis en octobre 2013, l'arrêt de l'expulsion de Sorins Voltaire - avec l'assurance d'un suivi de dossiers, de négociations avec préfecture et mairie - démarches de logements, de papiers soutenues, assurance sur le lieu maintenue.

Deux familles ont été relogées en octobre, l'une par un réseau solidaire chrétien, une autre par l'alliance mairie/cité Myriam, quelques hommes célibataires partant dès l'été co-habiter aux Sorins Papillons.

Le gestionnaire, un prêtre se présentant en double casquette : - militant avec des sans papier /sans logement à St Denis et - assumant sur Voltaire une position de représentant de l'autorité. Il a tenu parole, sur plusieurs premiers points, tout en déclarant qu'il allait expulser le squat Voltaire avant l'hiver 2014.

Là dessus aussi, donc, il a tenu parole, et après le saint visage, le visage gestionnaire n'a pas hésité à mettre à la rue la vingtaine de personnes sans aucune solution logement - chacune dans des situations très diverses pour les papiers, le professionnel, toutes plus que précaires.

Les oubliés de Sorins Voltaire, sont à la rue, oubliés, otages avec beaucoup d’autres, de différents jeux de pouvoir et intérêts immobiliers évidents, conflits d'intérêts, de l'indifférence qui s'installe, des jeux de division nettement patriarcaux et de compromission - faute de compromis courageux - entre différentes instances décisionnelles.

L'état policier poursuit son action, sa violence, sa mise en danger des vies, de la vie, comme il l'a fait à Sivens, où Rémy, 21 ans, venu protester contre un projet de barrage destructeur, a été tué ces jours-ci, par vraisemblablement une grenade offensive policière « de désencerclement projetée à tir tendu ».

En Juin une élue de la nouvelle mairie déclarait « découvrir » la situation de Voltaire, « persuadée que les gens de Voltaire avaient tous été relogés »... Des réunions sur Voltaire, on eu lieu sans aucune personne habitant Voltaire, ni aucun.e autre habitant.e.s mobilisé.e.s avec eux. Informée de l'expulsion la « mairie » n'a pas bougé, ni répondu à diverses invitations à réunion et dialogue depuis bien avant leur investiture. Une délégation Voltaire a été reçue à la Mairie dans l'après-midi suivant l’expulsion, par l'adjointe aux affaires sociales et aux solidarités, qui a déclaré ne rien pouvoir faire. Impuissante ? Pas concernée la mairie ? Pas concernée par les gens mis en situation de pauvreté ? En effet qui n'a pas un jour entendu un élu de Montreuil inciter des organisé.e.s et d'autres à occuper un bâtiment vide : on vous soutient disent-ils et même parfois on vous y conduit. Pour ensuite refermer les yeux. Et déclarer non Montreuillois toute personne à la rue, bloquer l’accès aux droits de ces « non-administrés »… La pref elle ferme les yeux et envoie les flics …

La schizophrénie politique a encore une fois frappé, les institutions laïques comme religieuses préfèrent paraître, et même quand il y a un peu de bien accompli, cela sert d'alibi pour ne pas faire des changements radicaux de sens, de systèmes de visée d'une monde. On reste dans le "il n'y a pas de place pour tout le monde". Pour ces instances détenant de gros pouvoirs et moyens, l'urgence est de ne pas risquer de penser, ne pas se confronter aux changements, négociations, avancées sur les points non résolus et penser la globalité de la situation avec tous les habitant.s. Cette attitude à la Pilate relève du déni contre les populations, du déni de solutions collectives à trouver, du déni des forces auto-gérées et initiatives citoyennes, d'un recours à la fatalité de la crise où « on peut rien faire » à « on a tout essayé » passant par « ils n'ont qu'à se bouger tous seuls »...

Les gens expulsés hier, se bougeant tous seuls depuis longtemps – seuls, indépendants, ensemble, avec d'autres, car pourquoi obéir aux ordres de la division, de la trahison, des idées fausses sur la liberté - ont voulu se mettre à l'abri dans les jardins et locaux de l'église de St. André, en effet l'église recueille, expulse, et se trouve responsable de l'expulsion. Les gardiens - en accord téléphonique avec "leur hiérarchie" - ont refusé de les accueillir ne serait-ce que pour une nuit et ont fait venir la police, qui a délogé tout le monde. Les habitants du 65 bis rue Voltaire se sont ainsi retrouvés à la rue, avec comme seul réconfort quelques couvertures, un diner fourni par une maraude et la solidarité des amis et des passants.

L'hiver arrive.

Jeudi la police les expulse du trottoir où ils tiennent un point de ralliement et de rencontres avec leurs voisins, lieu de paroles et d'appels aux solidarités. Une femme, de santé fragile, a été hospitalisée suite à l'expulsion. Le point de ralliement continue dans le square de la république, la vie à la rue aussi.

Dans les rues du quartier des dizaines de personnes, y compris plusieurs enfants et mineurs, survivent sans pouvoir habiter, faute de moyens et/ou des "bons papiers".

Partout en IdF la grande précarité augmente et les pouvoirs publics répondent essentiellement par la répression de ceux et celles qui subissent la pauvreté, de ceux et celles qui s'auto-organisent pour ne pas la subir (en ouvrant des squats, en se construisant des baraques dans les interstices de la ville, en vendant ce qu'on trouve dans les poubelles aux marchés de biffins, ...), de ceux et celles qui s'opposent à la logique dominante du néo-libéralisme et du darwinisme social.

stop aux expulsions et violences policières !

stop à la chasse aux pauvres et aux sans-papiers !

réquisition des logements et des bureaux vides !

liberté de circulation et d'auto-organisation !

en rappel quelques faits de la logique sécurité pour les riches à Montreuil et à Bagnolet depuis cet été :

- juillet: expulsion du squat rue Jules Ferry (Bagnolet)

- aout: expulsion du collectif Baras du squat Emerson (Bagnolet)

-septembre : fermeture musclée par la police, du marché des biffins porte de Montreuil

- septembre menace sur le squat « autorisé » de Boissière (Montreuil)

- octobre: démantèlement des "campements" avenue Benoit Franchon et rue de Valmy, expulsion du squat Transfo, ( Bagnolet) expulsion du squat rue Voltaire (Montreuil)

- 4 novembre procès contre les Baras par le propriétaire du squat

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